Analyse
Energies renouvelables toujours dans l’ornière boursière ? il y a 6 ans - mardi 23 novembre 2010

Si l’énergie verte est à la mode, les entreprises actives dans le secteur ne séduisent pas toujours l’investisseur.

Incertitude et concurrence

Le secteur souffre de l’incertitude liée à son financement (il dépend des investissements consentis par les pouvoirs publics pour encourager l’utilisation d’énergie verte) et de l’évolution des réglementations en matière de pollution.

 

En Europe, avant la crise, de nombreux Etats ont subventionné le secteur pour atteindre les objectifs de réduction des émissions des gaz à effets de serre, mais la plupart font maintenant machine arrière.

 

Aux USA, le retour à la majorité des Républicains menace le maintien des exonérations fiscales au bénéfice des énergies vertes. Et si même les habitants de la Californie sont attirés par l’énergie solaire, le commerce local n’en profite pas, car la concurrence chinoise n’est pas restée l’arme aux pieds. La Chine a investi dans de nouvelles technologies et développé la production à plus grande échelle pour réduire les coûts de production. Seul peut-être First Solar (panneaux photovoltaïques à couches minces, rendement élevé et coûts de production faibles) résiste à la concurrence chinoise grâce à sa technologie.

 

En Bourse

L’investisseur averti sait qu’un marché à la mode n’est pas de facto un succès économique et encore moins un succès boursier durable.
Et si même le domaine de l’énergie en général reste porteur (en Inde, Coal India, n°1 mondial du charbon, a vu son cours s’envoler de 40 % lors de son premier jour de cotation, au Brésil le pétrolier brésilien Petrobras a aussi remporté un beau succès, grâce à la richesse du sous-sol marin en or noir), le succès de l’énergie verte se fait attendre.

 

Certes, en Chine, le n°2 de l’énergie étudierait la prochaine entrée en Bourse de sa filiale active dans l’énergie renouvelable (une opération qui atteindrait le milliard de dollars). A voir.
Mais en Europe, jusqu’ici, la méfiance des investisseurs envers une activité dépendante des aides publiques se traduit par des cours de Bourse en forte baisse depuis le début de cette année. EDP Renovaveis (Portugal) a perdu 38,3 %, le danois Vestas Wind, spécialisé dans l’énergie éolienne, s’est effondré de 45,1 %, l’espagnol Iberdrola Renovables de 27,8 % et le français EDF Energies nouvelles de 13 %. En Italie enfin, le groupe Enel vient d’introduire en Bourse sa filiale Enel Green Power. Mais pour séduire, il a dû réduire le prix d’introduction à 1,6 euros (contre une fourchette de 1,8 à 2,1 euros initialement). Et la souscription qui a suivi émanait pour 78 % de particuliers, ce qui témoigne du peu d’appétit des professionnels de la finance pour le secteur.
Malgré les baisses de cours, les perspectives ne nous semblent pas suffisantes pour conseiller actuellement l’achat d’aucune de ces valeurs.

 

En Belgique, l’investisseur qui souhaite malgré tout teinter de vert son portefeuille peut aussi se tourner vers de petites coopératives, comme par exemple Ecopower (électricité et financement de projets renouvelables) ou Limburg wind (qui investit dans des sociétés actives dans l’énergie renouvelable ; souscription possible jusqu’au 15/12). Les montants qu’on peut y investir sont toutefois limités respectivement à 12 500 et 2 500 euros. La valeur des parts est fixe mais vous pouvez compter sur des dividendes compris entre 4 et 6 %, si les perspectives actuelles se maintiennent.

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