Analyse
Bilan boursier 2010 en Belgique il y a 6 ans - mardi 28 décembre 2010

Après une année 2009 très vigoureuse, la Bourse de Bruxelles (+9,4 %) figure à nouveau parmi les Bourses les moins performantes du monde en 2010.

Même sans tenir compte du poids lourd GDF Suez (-2,2 %, 10 % de la capitalisation du Bel 20) plombé par la faiblesse des prix du gaz et de réglementations toujours plus contraignantes, le rendement de la Bourse de Bruxelles s’est limité à 11,9 %. Dans le même temps, les Bourses mondiales ont offert 24,5 %.

 

Recul des financières belges…

Le trio Ageas-KBC-Dexia (15 % de la capitalisation du Bel 20), qui avait enregistré un net rebond en 2009 dans le sillage du retour aux bénéfices, a accusé le coup en 2010 (-27,1 %), sous-performant les valeurs financières européennes (+5,7 %). Outre des résultats dont l’amélioration ne tient pour l’essentiel qu’à une diminution des provisions pour créances douteuses, Dexia et KBC payent le prix de leur exposition aux dettes de la périphérie européenne. Pour l’instant gérable, une éventuelle contamination à l’Italie serait susceptible d’engendrer de nouveaux besoins de capitaux pour renforcer les fonds propres. Sans surprise, Dexia (-36,2 %, vendez), qui refuse de jouer la transparence (les dernières données disponibles datent du 31 mars !), a été plus lourdement punie que KBC (-13,3 %, conservez). Les incertitudes autour de la rentabilité future des banques dans le cadre de la mise en place des normes de Bâle 3 nous poussent à éviter le secteur bancaire dans son ensemble. La Belgique ne fait pas exception. Seuls les plus téméraires tenteront un pari sur KBC via KBC Ancora (-17,4 %, achetez) qui offre une décote d’environ 30 % sur son portefeuille d’actions KBC. Quant à l’assureur Ageas (-31,7 %) qui, comme KBC, s’est attelé à réduire son exposition aux dettes souveraines à problèmes, nous ne le conseillons pas encore. Si nous évaluons prudemment sa valeur intrinsèque à 3,30 EUR, ses résultats restent trop largement déterminés par les instruments volatils hérités de l’ère Fortis.

 

… et coup de fouet des marchés émergents

Globalement, ce sont les valeurs belges les plus exposées à la croissance des pays émergents qui ont le mieux performé en 2010. Bekaert (+140,8 %) a continué à profiter du boom chinois, propulsant ses marges à des niveaux stratosphériques mais impossibles à tenir selon nous. AvH (+22,3 %) et CFE (+56,4 %) ont bénéficié des excellents résultats de leur filiale de dragage DEME dont la flotte reste occupée comme jamais. Umicore (+73,2 %) a profité de l’envolée des métaux précieux via ses activités de recyclage et du développement des marchés automobiles asiatiques pour ses ventes de pots catalytiques. Chez ABInbev (+21,2 %), le dynamisme des ventes dans les pays émergents fait plus que compenser la faiblesse des marchés occidentaux dont le déclin structurel pose la question du bien-fondé de l’acquisition de l’américain Anheuser-Busch en 2008. Hormis CFE, toutes ces actions sont devenues trop chères. En dehors de ces actions et de sociétés de taille plus modeste sortant de problèmes plus ou moins lourds comme Barco (+70,6 %), Picanol (+365,2 %), Melexis (+102 %), Roularta (+71 %) ou Sioen (+83,1 %), seuls Colruyt (+18,6 %) et Telenet (+57,6 %) sortent du lot. Crise oblige, le soft discounter a continué à grignoter des parts de marché tout en affichant des marges à faire rêver ses concurrents dont Delhaize (+7,1 %) qui, face au climat morose affectant ses activités US, a revu ses prévisions bénéficiaires à la baisse cet été. Telenet continue quant à lui de séduire les investisseurs en quête de rendements élevés. Nous ne croyons cependant pas à la pérennité d’une stratégie consistant à verser aux actionnaires des montants supérieurs aux bénéfices et qui nous paraît avant tout dictée par l’actionnaire majoritaire, l’américain Liberty Global, très endetté et en soif de liquidités. Les autres télécoms belges, malgré de très beaux rendements de dividende (6,4 % net pour Belgacom, 5,1 % net pour Mobistar), ont affiché des prestations nettement plus limitées : respectivement +7,3 % et +9,4 %. Les investisseurs semblent à juste titre conscients des possibilités de croissance limitée de ces opérateurs essentiellement belges. Déjà plombé par sa participation dans GDF Suez, GBL (+0,1 %) a souffert de sa participation dans Lafarge (-14,9 %, conservez). Bien que présent dans les pays émergents, le cimentier reste trop exposé au marché américain, au point qu’une nouvelle augmentation de capital ne nous semble plus exclue pour faire face à ses dettes. Enfin, du côté des chimistes, l’attente du réinvestissement des 5,2 milliards d’EUR issus de la vente des activités pharma (37 % des actifs) en septembre 2009 pèse toujours sur le cours de Solvay (+9,2 %). Tandis qu’UCB (-8,8 %) souffre de perspectives bénéficiaires mitigées. Vendez Solvay, conservez UCB, correctement évalué depuis la baisse du cours de l’été dernier.

 

Quelles sont les actions à l’achat ? A la vente ?

 

Partagez cet article