Analyse
L’uranium explose ! il y a 6 ans - vendredi 17 décembre 2010

Les investisseurs qui ont suivi notre conseil d’achat sur l’uranium d’il y a douze mois peuvent se frotter les mains.

Nos deux trackers sur le secteur de l’uranium ont enregistré une belle progression, surtout dans les derniers mois. En dépit de cette hausse, ils méritent toujours un investissement. Par contre, nous restons à l’écart des valeurs directement exposées à l’uranium. Elles sont trop chères que pour intégrer notre sélection

 

Merci la Chine !

Après un début d’année morose (moins de 45 USD la livre), l’uranium s’est repris au second semestre pour atteindre 60 USD. Il renoue ainsi avec ses sommets de mi-2008, grâce à une Chine de plus en plus gourmande.

 

Le pays s’affirme comme le moteur du développement de l’énergie nucléaire. Depuis début 2010, il a lancé huit chantiers de centrales. Il dispose pour l’heure de 10,8 gigawatts de puissance et en vise 40 en 2020, puis 80 à très long terme, pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Des chiffres qui pourraient être revus à la hausse. De son côté, ce sont à peine 16 gigawatts de capacité que l’OCDE va construire d’ici 2020. En plus de la méfiance à l’encontre du nucléaire, la baisse des prix du gaz et du pétrole en 2008/2009 rend la production d’énergie à base de combustibles fossiles plus compétitive. De son côté, comme pour d’autres matières premières dont le pays est friand, les groupes chinois d’électricité investissent dans les mines d’uranium pour sécuriser leur approvisionnement. China Guangdong Nuclear Power Company a signé un contrat d’approvisionnement de 13 millions de kilos de concentré d’uranium avec le canadien Cameco. D’autres contrats suivront.

 

Compte tenu des difficultés techniques et réglementaires liées à l’ouverture de mines, les nouvelles capacités de production ne pèseront pas sur le cours dans l’immédiat. Sans pour autant retrouver les 140 USD de mi-2007, la livre d’uranium pourrait atteindre 75 USD.

 

Nos conseils

La hausse récente du prix de l’uranium a permis à nos deux trackers spécialisés dans le nucléaire d’enregistrer de belles performances. Malgré tout, vous pouvez encore les acheter pour profiter de la hausse attendue de l’uranium.

 

- Market Vectors Nuclear, qui suit l’évolution du Daxglobal Nuclear Energy Index, a gagné 23 % en EUR (+15 % en USD) depuis le premier janvier. Coté à New York (ISIN US57060U7046), il paie un dividende, mais est soumis à la double imposition (15 % aux USA et 25 % en Belgique).

 

- ETFX WNA Global Nuclear Fund (ISIN : IE00B3C94706) a bondi de 22 % en EUR (+14 % en USD). Coté sur Euronext Amsterdam, il capitalise son dividende (pas de précompte).

 

Une petite dose d’actions ?

Beaucoup de groupes sont actifs sur le marché de l’énergie nucléaire : les producteurs d’électricité GDF Suez et Exelon, les groupes miniers diversifiés Rio Tinto ou BHP Billiton, les fabricants d’équipements Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba,… Mais leurs résultats ne sont pas directement liés à la santé du secteur du nucléaire. Les mines d’uranium, elles, sont directement exposées au cours de cette matière première, bien que le recours à des contrats d’approvisionnement de long terme réduise cette sensibilité. Nombre de mines sont cotées au Canada et aux USA. Mais beaucoup sont des groupes de petite taille, qui ont aligné des pertes ces dernières années. Nous avons épinglé deux noms de taille respectable.

 

- Le Canadien Cameco Corporation est le poids lourd du secteur, grâce à des mines de qualité acquises à des prix attractifs. Ses coûts de production bas lui permettent d’être rentable avec un cours de l’uranium vers les 35-40 USD par livre. Ses réserves restent riches, en témoigne le récent accord pour approvisionner la Chine. Contrairement à la grande majorité de ses concurrents, Cameco enregistre des bénéfices depuis longtemps et peut augmenter régulièrement son dividende. Il a annoncé début décembre vouloir porter son dividende de 0,28 à 0,48 CAD brut pour l’exercice 2011. Mais l’action semble tenir compte en grande partie de l’environnement porteur. Elle est chère. Restez à l’écart ou prenez vos bénéfices.

 

- Denison Mines est aussi un groupe minier canadien de premier plan. Il vient de signer avec Korea Electric Power un accord permettant de financer une partie de ses projets d’exploration en échange d’approvisionnement en uranium (sous la forme d’une augmentation de capital). Le niveau faible de l’uranium ces dernières années a entraîné des pertes pour le groupe ces dernières années. Nous tablons sur un petit profit en 2011. Denison ne distribue pas de dividende. L’action est aussi trop chère pour un achat. Prenez votre bénéfice.

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