Analyse
Teleflex se transforme il y a 6 ans - lundi 6 décembre 2010

Le groupe industriel américain, historiquement diversifié, se recentre progressivement sur le secteur des soins de santé.

L’action est bon marché.
ACHETEZ.

 

Groupe diversifié

Fondé en 1943, Teleflex est composé de trois divisions fort différentes.

 

La plus importante est la division médicale. Le groupe produit et vend des instruments médicaux et des produits à usage unique, tels que les cathéters, utilisés dans les soins intensifs, chirurgicaux et cardiaques. Teleflex Medical vend ses produits aux hôpitaux et prestataires de santé (84 % du chiffre d’affaires), aux fabricants de produits médicaux (10 %) et dans le cadre de soins à domicile (6 %).

 

La division aéronautique fournit du matériel pour le fret aérien, la manutention et le stockage des cargaisons.

 

Enfin, la division maritime produit des moteurs, commandes de directions et accélérateurs, pour les loisirs maritimes essentiellement.

 

Recentrage sur le médical

Ces dernières années, Teleflex s’est désengagé de plusieurs activités industrielles, peu rentables, pour se focaliser sur ses activités médicales. Cette année encore, il a vendu ses activités d’accastillage pour bateaux et d’actionneurs d’avions. Du coup, alors que fin 2006, les activités médicales ne généraient que 33 % du chiffre d’affaires et 60 % du résultat opérationnel, elles ont atteint respectivement 75 % et 90 % fin 2009. Vu l’absence de synergies entre les trois divisions, nous voyons ce mouvement d’un bon œil, d’autant plus que la division médicale est la plus rentable et que 90 % de son chiffre d’affaires provient de produits consommables, ce qui lui procure une certaine récurrence des ventes. Malgré ce recentrage, Teleflex reste toujours considéré, au moins en partie, comme un conglomérat. Or, les investisseurs préfèrent des sociétés présentes sur un seul secteur, plus faciles à lire. Ils craignent aussi que, dans le cas d’activités trop différentes, l’allocation des ressources ne soit pas optimale. La poursuite de la transformation de Teleflex en un pur acteur médical ne pourra dès lors qu’être bénéfique au cours.

 

Une reprise à risque ?

En parallèle à ses désinvestissements, Teleflex a racheté en 2007 l’américain Arrow International, groupe très innovant spécialisé dans les produits thérapeutiques par cathéters et les produits d’assistance cardiaque. Une acquisition de grande envergure : Arrow représente quelque 30 % du chiffre d’affaires et environ autant du résultat opérationnel de Teleflex. En 2007, Arrow a reçu un avertissement de l’autorité de contrôle américaine FDA concernant son processus de fabrication, ce qui continue à peser sur le cours. Le risque d’une suspension des ventes est néanmoins faible selon nous, Teleflex ayant déjà corrigé une bonne partie des problèmes. Une fois réglée la totalité du litige, le cours pourrait bien en profiter. Les mois à venir devraient nous éclairer à ce sujet.

 

Combattre les infections

Teleflex améliore constamment ses produits médicaux en ayant toujours pour objectif de lutter contre les infections. Un point très important pour le groupe, qui réalise la moitié de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis. Les autorités américaines considèrent en effet les infections liées aux soins comme un problème de santé public majeur. Ainsi, depuis octobre 2008, les programmes de santé publics Medicare et Medicaid ne remboursent plus aux hôpitaux les traitements de certaines infections contractées en leur sein. La facture (coûteuse) est désormais à charge de l’hôpital, ce qui l’encourage à recourir à des produits qui limitent les risques d’infections. Lancé récemment, le PICC Wand, un cathéter « tout en un » breveté qui permet de limiter les risque d’infections, est une parfaite illustration de la capacité innovatrice de Teleflex. Avec cet avantage compétitif, Teleflex dispose donc d’un certain pouvoir de marché et peut vendre ses produits un peu plus chers, ou du moins limiter la pression à la baisse dans le contexte actuel d’économies dans les frais de santé.

 

Un endettement un peu lourd

Si le recentrage sur le secteur médical, aidé par des restructurations, avait déjà contribué à améliorer la marge opérationnelle (historiquement de 10 %), l’acquisition d’Arrow l’a portée à 14 % en 2009. Et elle devrait encore progresser à l’avenir, au fur et à mesure que Teleflex deviendra un acteur purement médical. Le groupe s’est néanmoins fort endetté (63 % des fonds propres) pour acquérir Arrow. C’est gérable, mais comme la priorité est de réduire cet endettement, les moyens financiers alloués à la poursuite d’acquisitions ciblées et à la croissance du dividende devraient être, dans un premier temps, limités. Même si la vente des activités industrielles restantes permettra au groupe d’accélérer son désendettement, nous misons pour l’instant sur un scénario prudent de maintien du dividende à son niveau de 2009 pour les prochaines années. Malgré tout, le rendement sur dividende (2,7 % brut au cours actuel) reste correct. Notez aussi que Teleflex a constamment augmenté son dividende (+12,4 % en moyenne sur les dix dernières années). Le groupe devrait donc continuer à choyer l’actionnaire dès que possible.

 

Entre-temps, nous estimons le bénéfice par action pour 2010, 2011 et 2012 à respectivement 4,00 EUR, 4,40 EUR et 5,00 EUR.

 

Cours au moment de l’analyse : 50,53 USD

 

Partagez cet article