Analyse
Internet : le retour de la bulle ? il y a 6 ans - mercredi 5 janvier 2011

50 milliards de dollars … C’est la valeur estimée du réseau social américain Facebook, dans lequel la banque américaine Goldman Sachs vient d’investir. Sommes-nous ainsi replongés dans la nostalgie (pour beaucoup : le cauchemar) de la fin des années 90 et de la bulle internet ?

Pas vraiment, car les différences sont significatives.

 

A cette époque, l’industrie high tech était le porte-drapeau d’une économie américaine en plein boom. Grâce à de rapides introductions en Bourse, les entreprises créées autour d’internet permettaient à leurs fondateurs de s’enrichir à une vitesse record, malgré des chiffres d’affaires et des rentabilités souvent marginaux, voire inexistants.

 

Aujourd’hui, on est loin de la même folie. Certes, après une dizaine d’années, quelques concepts sont devenus de vraies entreprises, avec de beaux parcours boursiers, comme par exemple Amazon (commerce électronique) ou Google. Mais combien d’autres ont péri ? Sans doute aussi, les entreprises informatiques ont-elles à nouveau le vent en poupe, avec l’envolée de l’action Apple depuis deux ans. Mais l’indice Nasdaq n’est aujourd’hui qu’à la moitié de son sommet de mars 2000. Alors qu’internet reste un des rares secteurs de croissance de l’économie américaine, les investisseurs ne visent plus les premières entreprises dot com venues, mais plutôt des groupes au succès déjà établi comme Twitter ou Facebook. Pour l’heure, ils ne sont pas cotés en Bourse mais font l’objet de prises de participation de la part de gros investisseurs. On peut ainsi comprendre l’investissement de Goldman Sachs : la banque d’affaires se positionne idéalement pour le jour où Facebook décidera de tenter l’aventure boursière (en 2012 ?), et soigne son image en restant sur le devant de la scène. Rien ne dit cependant qu’elle en tirera un bénéfice direct. Car payer l’équivalent de 25 fois le chiffres d’affaires estimé de 2010 paraît exagéré, d’autant que les sites de réseaux sociaux peinent à dégager une bonne rentabilité, malgré leur forte croissance !

 

Pour faire du business, le commerce électronique ou le « cloud computing » (utilisation de services et de bases de données sur internet) semblent plus prometteurs.

 

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