Analyse
Kuoni reprend Best Tours il y a 6 ans - jeudi 6 janvier 2011

Le voyagiste belge en liquidation Best Tours est repris par son concurrent suisse Kuoni, dont l’action est cotée à Zurich. Le titre suisse vaut-il la peine qu’on y investisse ?

Groupe conquérant

Le voyagiste suisse Kuoni a réagi à la crise économique et financière de 2008/2009 par un vigoureux plan de redressement, qui devait lui permettre à présent de croître de manière rentable. Il a fortement réduit ses coûts, amélioré sa gestion et augmenté ses investissements; il s’est recentré sur le haut de gamme, avec les voyages sur mesure comme fer de lance; il a enfin lancé de nouveaux services.

 

Cette stratégie a déjà fait ses preuves en 2010. Sur les neuf premiers mois de l’année, le groupe a enregistré un bénéfice de 12 millions de francs suisses (contre une perte de 6 millions pour la même période en 2009). Et ses liquidités générées sont revenues à des niveaux proches des bonnes années 2005/2007. Petit bémol, le chiffre d’affaires sur les neuf premier mois ne croît que de 1,4 % (ou de 1,9 % hors cessions et acquisitions), signe que la crise économique se fait toujours sentir dans le secteur des vacances.

 

Petite opération

Pour Kuoni, le rachat de Best Tours est une opération de taille modeste (le chiffre d’affaires du belge représente moins de 1 % des revenus estimés du suisse pour 2010). L’opération ne modifie dès lors pas les prévisions de bénéfice pour 2011 et 2012. Elle n’en est pas moins un pas de plus dans la stratégie de croissance à petits pas du suisse, et s’avère complémentaire (les deux groupes sont actifs dans les voyages lointains et les circuits).

 

N’achetez pas

En 2011 et 2012, une nouvelle hausse du bénéfice est possible.
Il faut pour cela cependant que le groupe ne souffre pas trop d’éléments exceptionnels, tels que les problèmes climatiques, les grèves, etc…
Il ne faut par ailleurs pas oublier que le secteur est très sensible à la situation économique. Si celle-ci semble s’améliorer pour l’heure, tout fléchissement nuirait aussitôt à l’activité du voyagiste.

 

Sur la base d’estimations prudentes et d’un taux de distribution du bénéfice de 30 à 35 %, nous estimons que l’action est chère. Et même si nous faisons l’hypothèse d’une reprise économique en Europe plus forte que prévu, l’action ne serait toujours pas intéressante à acheter.
Nous ne la suivrons donc pas et vous conseillons de la vendre si vous en détenez.

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