Analyse
Marchés virtuels il y a 6 ans - mardi 11 janvier 2011

Les nouveaux dieux d’internet, comme Facebook et Twitter, suscitent l’enthousiasme des investisseurs. Bien que non encore officiellement cotés en Bourse, leurs actions peuvent déjà s’échanger sur des marchés virtuels…

Jeter un œil

Ces marchés virtuels ou gris, relativement récents, ont pour nom Sharepost (www.sharepost.com) ou encore Second Market (www.secondmarket.com).
Les deux plates-formes fourmillent d’activité avec la négociation d’actions de très nombreuses sociétés non cotées en Bourse, dont les plus connues ont pour nom Facebook, Twitter, LinkedIn, …
Tout le monde peut y jeter un œil en s’inscrivant sur les sites précités.
Après quelques minutes, on peut y voir les offres des acheteurs et vendeurs intéressés, de même que les ordres conclus. Les acheteurs sont des investisseurs institutionnels, des sociétés de capital-risque et de riches particuliers. Du côté des vendeurs, on trouve les membres du personnel des sociétés et des investisseurs (de la première heure) qui souhaitent transformer leur investissement, ou du moins une partie, en argent sonnant et trébuchant.

Pas pour tout le monde

Même si Sharepost compte déjà quelque 45 000 inscrits, cela ne veut pas dire que tout le monde peut négocier sur cette plate-forme. L’investisseur doit en effet répondre à toute une série de conditions pour pouvoir effectuer des transactions.
Les frais de transaction sont du reste excessivement élevés : minimum 1 500 USD par transaction, tant pour l’acheteur que pour le vendeur. Ce qui explique pourquoi la plupart des transactions ont au minimum une valeur de 50 000 à 100 000 USD.
Enfin, toute personne intéressée doit aussi se farcir au préalable quelque 30 pages de documents administratifs.

Bien que la réglementation sur les deux plates-formes soit relativement stricte, la SEC tient actuellement ces marchés virtuels à l’œil. Un renforcement de la réglementation, pour améliorer la transparence, n’est donc pas à exclure.

Tendances intéressantes

Les prix sur les deux plates-formes ont été fortement orientés à la hausse ces derniers temps, malgré le faible nombre de transactions. Twitter, par exemple, a fait l’objet de six transactions seulement sur Sharepost l’an dernier. La dernière a eu lieu début décembre au prix de 22 USD, valorisant ainsi la société connue pour ces services de SMS en ligne à 3,56 milliards USD. En juillet, une action valait seulement 8 USD. Ce qui se passe autour de Facebook est tout simplement hallucinant. Fin 2009, une action coûtait 5,4 USD. Le 30 novembre 2010, une transaction a été clôturée à 25 USD (valorisation : 56,7 milliards USD). Et aujourd’hui, des prix de 65 USD circulent déjà.

Etre actif sur Sharepost ou Second Market n’est donc sans doute pas pour le commun des mortels compte tenu de la volatilité, du coût et des formalités. Il n’empêche, ces plates-formes peuvent constituer une source d’information intéressante.

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