Analyse
Fusions des Bourses: quelles conséquences ? il y a 6 ans - jeudi 10 février 2011

Le secteur des Bourses est en ébullition depuis que le London Stock Exchange a annoncé sa fusion prochaine avec la Bourse de Toronto et que le NYSE Euronext a fait part de son intention de fusionner avec la Deutsche Börse.

Derrière ces rapprochements entre diverses Bourses du monde se cache une guerre ouverte que livrent les Bourses historiques aux plates-formes de négociations alternatives. Ces dernières, grâce aux prix moins élevés qu’elles pratiquent, prennent en effet de substantielles parts de marché. Le NYSE, Deutsche Börse et les autres sont donc à la recherche de tout ce qui peut favoriser des économies de coûts (informatique, administratif…) et la rentrée de revenus (faire profiter les clients de nouveaux services).

Quid pour les divers groupes concernés ?


- Le groupe Nasdaq OMX et son action souffriront-ils de ces fusions annoncées ?
En fait, depuis 12 mois, pour être moins dépendant du négoce d’actions, Nasdaq OMX déploie déjà une stratégie de diversification de ses revenus : services aux entreprises, vente de technologies, produits dérivés….. Et avec succès si l’on en juge par les récents résultats trimestriels. Mais s’il ne veut pas se faire distancer sur le marché des produits dérivés (dont il fait un axe de croissance) par le nouveau rival que représentera le géant américano-européen issu de la fusion du NYSE et de la Deutsche Börse, il doit prendre l’initiative. Il pourrait dés lors penser à s’offrir l’autre américain du secteur : CBOE (Chicago Board Options Exchange), récemment entré en Bourse. Mais même si CBOE est moitié plus petit que lui, une telle acquisition serait lourde à digérer. Et vu que l’action CBOE est chère, il est probable que Nasdaq OMX n’offrirait pas de prime élevée. Après avoir passé en revue les opérateurs de marchés cotés en Bourse et compte tenu de la récente revalorisation des Bourses, notre préférence va toujours à l’action Nasdaq OMX. Malgré la hausse de son cours, elle reste bon marché. Vous pouvez toujours l’acheter si vous acceptez son risque élevé (lié principalement à une éventuelle offre de rachat de sa part sur un tiers) et compte tenu aussi du fait que l’hypothèse inverse n’est pas à exclure : une offre de CBOE sur Nasdaq OMX.


- Pour NYSE Euronext, l’action n’accusant pas de décote très importante, n’achetez pas mais conservez si vous en avez.


- L’action CBOE est chère. Restez à l’écart


- Les autres plateformes boursières cotées aux Etats-Unis, CME et ICE, sont correctement évaluées. N’achetez pas.

 

Quid pour l’investisseur ?

Les fusions entre Bourses visent notamment à réaliser des économies et à permettre aux clients de ces Bourses (banques, brokers…) de négocier des titres à des tarifs plus avantageux (concurrentiels par rapport à ceux proposés par les plateformes d’échange alternatives).
Les fusions prochaines entre les Bourses de Londres et de Toronto et entre NYSE Euronext et Deutsche Börse vont dans ce sens : NYSE Euronext et Deutsche Börse ont annoncé que la mise en commun de leurs outils informatiques, administratifs etc. permettra de réaliser 300 millions d’euros d’économies (±13 % de leurs coûts).
Nous estimons donc que ces rapprochements induiront des baisses de tarifs de négociation en faveur des clients institutionnels (comme ce fut progressivement le cas après la fusion des Bourses de Bruxelles, Paris, Amsterdam et Lisbonne au sein d’Euronext). La fusion NYSE Euronext/ Deutsche Börse devrait notamment permettre une baisse du coût des opérations sur le marché allemand.

Mais attention ! Rien ne dit que l’investisseur individuel en profitera. La décision de répercuter la baisse de tarif au client revient aux intermédiaires financiers. Nous plaidons bien sûr pour que ce soit le cas.
En outre, ce contexte de concurrence avec les nouvelles plateformes alternatives rappelle que votre banquier ou votre broker a l’obligation d’exécuter les ordres de ses clients sur la plateforme la plus avantageuse (tant en matière de coût que de cours, de rapidité d’exécution, etc.). Nous veillerons à ce que les investisseurs profitent bien de cela.

 


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