Analyse
Investir aux USA : il est encore temps il y a 7 ans - mardi 8 février 2011

Revigorés par de meilleurs indicateurs économiques et par des résultats d’entreprises de bonne facture, les marchés américains retrouvent du poil de la bête. Il n’est pas trop tard pour s’intéresser à ce marché.

 

Redémarrage de l’économie

Les récents indicateurs publiés outre-Atlantique nous rendent plus optimistes encore qu’il y a deux mois. Le redémarrage de l’économie US est bien réel et plus rapide qu’espéré. La mécanique reste inchangée : les liquidités abondantes fournies par la Fed maintiennent le coût de l’argent à de faibles niveaux, permettant aux entreprises d’investir à bon compte et aux ménages de consommer un peu plus. Le retour de la confiance, soutenue par les créations d’emplois, stimule les dépenses des Américains, nourrissant alors la croissance. Le taux d’épargne des ménages se monte par ailleurs à 6 % des revenus disponibles, contre 0 avant la crise. Les Américains se mettent ainsi à l'abri d'une perte de revenus, ce qui les rassure et leur permet de consommer à nouveau. Quant aux pays partenaires commerciaux, leur dynamisme contribue à soutenir les exportations. Nos prévisions restent néanmoins prudentes. Si la croissance en 2010 (+2,9 %) a encore été fort soutenue par les mesures de relance des pouvoirs publics, leur effet s’estompe. Ceci dit, la prolongation des avantages fiscaux et le maintien des taux bas soutiendront cette année encore la croissance, que nous estimons à 2 %. Mais tôt ou tard, les USA devront s’attaquer à leur déficit public par des baisses plus fortes des dépenses ou des hausses d’impôts, ce qui ramènera la croissance à 1,6 % en 2012. Ils ne devraient toutefois rien entreprendre qui menace la reprise de la consommation, réel moteur de l’économie US, laquelle devrait donc rester bien orientée.

 

Normalisation progressive

Alors qu’il y a peu, les marchés étaient gouvernés par les nouvelles macroéconomiques, ils semblent pour l’heure plus animés par les entreprises, leurs valorisations, leurs perspectives… Sur les six derniers mois, le S&P 500 et le Nasdaq ont gagné respectivement 16 et 19 % en USD. Jusqu’ici, la plupart des entreprises ont annoncé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et peu de déceptions sont à déplorer. Si les valeurs financières font encore grise mine (Bank of America, Goldman Sachs…), les résultats des technologiques (Intel, Apple, Texas Instruments, IBM…) et des industrielles (DuPont, Caterpillar, GE…) ont trouvé un écho favorable. Bonne surprise, ces chiffres sont actuellement de meilleure qualité que ce que nous attendions. Fin 2010, nous tablions en effet sur une hausse des profits tirée surtout par la baisse des coûts. Si celle-ci reste un moteur important, la hausse du chiffre d’affaires, supérieure à nos attentes, est loin d’être anecdotique. Elle témoigne que les entreprises profitent peu à peu de la reprise.

 

Nos conseils

Malgré la remontée des indices, le marché américain n’est pas cher, compte tenu des perspectives bénéficiaires attendues. Une évaluation attrayante et de belles perspectives contribueront à réduire la décote.

 

Les nouveaux venus
Nous avons profité de cette décote pour introduire ces derniers mois Exelon (énergie), Nasdaq OMX (opérateur boursier), BlackRock (gestion d’actifs) et Teleflex (instruments médicaux). Ces quatre actions restent à l’achat.

 

Valeurs technologiques
Nous restons très prudents sur les valeurs technologiques, même si elles ne sont pas particulièrement plus chères. La remontée des cours reflète moins la reprise économique que l’emballement autour de produits et services très médiatiques qui ont fait décoller les résultats. Sur ces six derniers mois, Apple a gagné 31 % (vendez). Si ces actions sont la poule aux oeufs d’or en phase de croissance, elles peuvent se révéler décevantes en phase de maturité. Sur ce compartiment, nous achetons Intel (semi-conducteurs) et CSC (services).

 

Petites capitalisations
Dans ce compartiment, nous restons positifs sur US Ecology (traitement des déchets) et Republic Airways (transport aérien), toutes deux bon marché.

 

Grosses capitalisations
Si vous souhaitez des valeurs plus défensives, achetez de grosses capitalisations, comme Kraft (alimentation), AT&T (télécoms), Chevron (pétrole), Abbott (pharmacie), Time Warner (médias), General Electric (industrie).

 

Dividendes élevés
Si vous êtes à la recherche d’actions menant une politique de distribution de dividendes plus généreuse, tournez-vous vers Kraft (rendement brut de 3,8 %), Abbott (4,2 %), Exelon (4,9 %), US Ecology (4,4 %) et Intel (3,3 %).

 

Un impact devise limité

Si le dollar est sous-évalué d'environ 15 % face à l'euro, nous ne voyons pas de raison de voir cette sous-valorisation se résorber dans l'immédiat. A moins d'une aggravation majeure de la crise des dettes souveraines en Europe, la poursuite de la politique monétaire accommodante des USA et la probabilité de voir la BCE relever les taux en premier maintiendront le dollar sous pression. La plupart des entreprises que nous conseillons sont cependant des multinationales, de sorte que la baisse du dollar stimulera leurs ventes et donc leur cours. Pour l'investisseur en euro, l'impact des fluctuations du dollar devrait par conséquent être atténué.

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