Analyse
Le retour en grâce des rachats d’actions il y a 7 ans - mardi 1 février 2011

Racheter ses propres actions est une pratique de redistribution des bénéfices aux actionnaires très répandue aux Etats-Unis.

Les sociétés américaines ont racheté des actions propres pour une valeur globale de 373 milliards USD en 2010, contre 154 milliards en 2009. Et des grands noms comme IBM, Intel ou Cisco ont annoncé vouloir acquérir plus massivement encore leurs propres actions en 2011. Les sociétés qui composent l’indice américain S&P500 rétribuent davantage leurs actionnaires à travers ce vecteur (entre 50 et 60 % des bénéfices redistribués) que par le versement d’un dividende. L’avantage par rapport au dividende est qu’une société peut plus facilement réduire ou stopper ses rachats d’actions propres, alors que l’annonce d’une baisse ou d’une suspension du dividende est souvent très lourdement sanctionnée par les investisseurs et revêt un signal bien plus négatif.

 

Si une entreprise rachète ses propres actions, peut-on en conclure qu’elles sont sous-évaluées ? Nous ne le pensons pas. Le retour en grâce des rachats d’actions s’explique plutôt par le fait que la plupart des grands groupes américains et particulièrement dans le secteur technologique ont accumulé des liquidités record ces dernières années. Les réductions de coûts ont été massives et les investissements limités vu les incertitudes sur les perspectives économiques. Dans un contexte de taux d’intérêt faible, détenir trop de liquidités est sous optimal. Or, des géants comme Cisco, Apple, Google, IBM, Intel ou Texas Instruments disposent de liquidités qui représentent 10 %, voire 20 % pour certains, de leur capitalisation boursière. A défaut d’opportunités d’investissements ou d’acquisitions suffisamment intéressantes, cette redistribution accrue des bénéfices aux actionnaires est bienvenue, d’autant qu’avec des rendements de dividende de 1 % en moyenne, le secteur technologique se montre peu généreux avec ses actionnaires.

 

La redistribution du bénéfice est en outre une bonne chose pour les investisseurs. Cela réduit en effet le risque de se lancer dans des acquisitions souvent destructrices de valeur pour l’actionnaire.

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