Analyse
Les biotechs, un placement sulfureux il y a 7 ans - mardi 8 février 2011

Le ciel s’assombrit pour les géants pharmaceutiques qui, en plus de subir la concurrence des génériques, doivent affronter la rigueur des Etats qui veulent désespérément faire des économies.

Certains d’entre vous se sentent peut-être tentés de jeter leur dévolu sur les biotechs, à l’image plus dynamique et aux espérances de gains plus attractives.


Attention danger ! Le marché est très hétérogène. A côté de grosses sociétés, comme les américaines Amgen et Biogen, ou plus modestes, comme la britannique Shire Pharma, gravitent de nombreuses sociétés beaucoup moins solides financièrement. Nous vous encourageons donc à faire preuve de prudence et à fuir toutes les sociétés qui ne commercialisent encore aucun produit et/ou n’ont pas encore montré leur capacité à être rentables. Or, une société qui n’est pas rentable, comme c’est souvent le cas pour les biotechs, doit continuellement lever des fonds pour assurer sa survie financière, ce qui dilue la participation de l’actionnaire. Et si elles nouent un partenariat avec un géant du secteur, les perspectives de gains éventuels s’amenuisent (car partagées). Méfiez-vous aussi des sociétés « mono produit », c’est-à-dire qui ne commercialisent qu’un seul produit. Le moindre grain de sable (échec d’une étude, échec commercial,...) peut engendrer la faillite.


Plus généralement, évitez les introductions en Bourse. Sans historique, l’actionnaire peut difficilement juger la bonne ou mauvaise gestion de la société. Et ne vous laissez pas avoir par les perspectives de croissance que vous font miroiter le management et les études des banques, la plupart du temps très optimistes (chacun ayant ses intérêts). Certes, le nombre d’acquisitions des grands labos a augmenté de 20 % en 2010. Et les primes offertes sont parfois faramineuses (comme les 74 % offerts par Shire Pharma pour s’emparer du belge Movetis). Mais encore faut-il savoir miser sur le bon cheval. Car les déconvenues sont nombreuses, à l’image de la française Nicox qui a chuté de près de 75 % l’an passé, suite au refus des autorités US d’homologuer son anti-inflammatoire Naproxcinod. A défaut de faire de bonnes affaires, nos cartons rouges auront au moins le mérite de vous éviter d’en faire de mauvaises.

Partagez cet article