Analyse
Vasco Data Securities : un géant belge il y a 6 ans - mardi 1 février 2011

Lorsque vous ouvrez un compte en banque et voulez le gérer sur internet, il y a de fortes chances pour que vous receviez un Digipass à votre domicile. Mais saviez-vous que le fournisseur de ce petit appareil, Vasco Data Security, était une société belge cotée sur le Nasdaq ?

Présentation

Sans vraiment le savoir, vous avez très certainement chez vous un produit de Vasco Data Systems. Regardez par ex. au dos de votre Digipass (Argenta, Rabobank.be, …) et vous y verrez gravés www.vasco.com, le logo et les numéros des brevets de la société.
Cet appareil vous permet de créer une signature électronique, de manière à ce que l’institution bancaire puisse vérifier votre identité et approuver les opérations sur votre compte.
Ces appareils constituent le cœur de métier du groupe établi à Wemmel et qui compte quelque 1 500 institutions financières parmi ses clients. Le secteur bancaire représente du reste plus de trois quarts de son chiffre d’affaires.
A côté de cela, Vasco propose aussi toute une série de solutions de sécurisation des applications en ligne et de l’accès aux réseaux à travers l’authentification. Il permet, à travers toutes sortes d’applications logicielles, la sécurisation de l’e-commerce, de l’e-government (services autorités-citoyen) et des réseaux de sociétés.
Au total, Vasco Data compte quelque 10 000 clients répartis dans 100 pays, ce qui en fait assurément une société qui compte !

 

Dépendant du secteur bancaire

Vasco est n°1 du marché dans son secteur et peut s’appuyer sur des finances relativement solides. Il n’a pas de dettes et affiche environ 2,5 USD de liquidités par action sur son bilan. Malgré la crise, la société est du reste toujours bénéficiaire, ce qui n’est pas une mince performance quand on sait qu’elle est très dépendante des budgets IT d’un secteur financier (européen) bien malmené pendant la crise.
Les ventes ont ainsi logiquement diminué de 24 % en 2009, alors que la marge opérationnelle est passée, à l’époque, de 20 à quelque 7 ou 8 %.
Pour l’année 2010, le chiffre d’affaires devrait avoir augmenté de 8 %, e.a. grâce à la stabilisation des revenus issus du secteur bancaire.
Vasco essaie toutefois aujourd’hui de réduire sa dépendance à ce secteur, mais cette diversification exige aussi de nombreux (et coûteux) investissements en technologie et savoir-faire. Les frais de R&D (recherche et développement) suivent dès lors eux aussi une trajectoire ascendante, ce qui signifie que les marges ne devraient pas retrouver de sitôt un niveau de 20 %, même en cas de nouvelle hausse du chiffre d’affaires.

 

Action pas bon marché

Vasco Data est cotée depuis la fin des années 90 sur le Nasdaq (ticker : VDSI) où elle a connu des hauts et des bas. Elle s’est ainsi retrouvée au bord du gouffre début 2003 suite à quelques décisions malheureuses et des projets dispendieux, l’action ne coûtant plus alors qu’un peu plus de 1 USD.
L’action a par contre ensuite volé de sommet en sommet à mesure que Vasco voyait son succès sur le marché grandir et ses bénéfices s’accumuler. Début 2008, une action coûtait alors plus de… 40 USD.
Aujourd’hui, l’action cote de nouveau à un cours beaucoup plus faible, mais sa valorisation est encore loin d’être bon marché, même si la société est financièrement solide. Le rapport cours/bénéfice pour 2011 s’élève à pas moins de 34 et le rapport cours/valeur comptable de 2,8 est également élevé. Compte tenu de la situation financière solide du groupe, les investisseurs qui aiment le risque peuvent conserver l’action en portefeuille, mais nous n’achèterions pas.

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