Analyse
Trop vite ! il y a 6 ans - mercredi 23 mars 2011

La durée moyenne de détention des actions diminue.

 Sur les principales Bourses mondiales, la période moyenne de détention des actions par les investisseurs est désormais inférieure ou égale à un an. Il y a encore quelques décennies, les actions se conservaient plusieurs années. Que penser de cette évolution ?

Le progrès technologique a modifié les comportements : internet et les courtiers en ligne permettent aux investisseurs, même modestes, de s’informer en direct et de négocier des actions avec une rapidité et un confort inégalés. Mais plus encore que d’apporter de nouvelles capacités d’action et de réaction, la technologie flatte un instinct déjà présent bien avant internet : la tendance à faire exagérément supporter aux actions le poids de l’actualité. C’est la prime à l’émotion devant laquelle s’efface le raisonnement. Si cette réduction de la période de détention des actions résultait de l’exploitation rationnelle des informations (nouvelle estimation des bénéfices et des dividendes à long terme), ce serait bénéfique à la Bourse. Mais il s’agit plutôt de réactions épidermiques, à portée de « clic ». Un tremblement de terre suivi d’un tsunami au Japon ? Tout dramatique qu’il soit, cet événement doit être analysé sereinement et non engendrer la panique.

La vision à court terme a des incidences néfastes. La volatilité boursière peut s’en trouver excessive, qu’elle soit spécifique à l’une ou l’autre action ou générale, en cas de secousse macro-économique (pensez à la crise de 2008-2009). Les politiques des entreprises, aussi, peuvent en être affectées : sachant qu’elles risquent d’être jugées à l’aune d’un trimestre ou d’un semestre, certaines firmes peuvent par exemple renoncer à un investissement pourtant utile.

L’investisseur judicieux se méfiera des entreprises qui subordonnent leur stratégie au diktat du court terme et profitera des réactions boursières au cas par cas. Ils privilégiera les actions bon marché et vendra celles qui sont chères. Sans autres considérations émotionnelles…


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