Analyse
Actions du secteur bancaire et problème de la dette souveraine ? il y a 6 ans - mercredi 13 avril 2011

Quelle est l’influence potentielle des difficultés des économies périphériques sur les actions du secteur bancaire ?

Au secours

Après la Grèce et l’Irlande, c’est tout récemment le Portugal qui a demandé l’aide financière de l’Europe. Si l’Europe n’était pas intervenue, l’Etat se serait trouvé dans l’incapacité d’honorer ses dettes. Pourquoi l’Europe accorde-t-elle son aide ? S’agit-il d’éviter des dommages collatéraux ?

Secteur bancaire

Les difficultés des économies périphériques ne sont pas sans influence potentielle, loin s’en faut, sur le secteur bancaire européen. Car les banques détiennent bon nombre d’obligations souveraines. Au regard des difficultés, une obligation émise à 100 % risque de n’être remboursée qu’à 80, 75 voire 70 %. Les banques pourraient dès lors être tenues de comptabiliser ces obligations non plus à leur valeur nominale (100) mais à leur valeur de remboursement présumée (80,75 ou 70). Elles devraient alors inscrire des provisions importantes, qui pèseraient sur leurs bilans, avec pour conséquence des augmentations de capital ou de nouvelles interventions des Etats pour les banques les plus faibles.

Banking et trading book

Les banques n’ont toutefois pas toujours l’obligation de comptabiliser de telles réductions de valeur. Et elles ne doivent pas craindre que les stress tests mettent en lumière ces pertes potentielles. Car les banques comptabilisent la grande part de leurs obligations dans le banking book et non dans le trading book. Dans le banking book, elles peuvent comptabiliser les obligations à leur valeur à l’échéance (estimer qu’elles seront intégralement remboursées). Dans le trading book, c’est la valeur du moment qui doit être comptabilisée.

 

Les provisions que les banques inscrivent régulièrement relativement aux obligations d’Etat concernent donc les obligations inscrites au trading book. Mais bien d’autres réductions de valeurs restent cachées au sein du banking book ! Et les stress tests n’y changeront rien, puisqu’ils ne tiennent pas compte du banking book (ce qui met en cause leur sérieux…)

Augmentation de capital

Les décisions du conseil européen des 12 et 25 mars ont amélioré la situation. Il n’y a pas de risque de défaut de paiement d’un Etat dans l'immédiat (jusqu’en 2013 inclus). Après, cela reste possible. Les banques européennes les moins solides doivent déjà se tourner vers leurs actionnaires pour lever des fonds. Ce fut le cas récemment d’UBI Banca et d’Intesa Sanpaolo, ainsi que de Banco Popolare en février. Morgan Stanley estime que l’ensemble des levées de capitaux par le secteur bancaire sur l’année 2011 pourrait atteindre 40 milliards d’euros.



Notre conseil pour les actions bancaires est cependant maintenu : conservez. Elles ne sont pas bon marché et leurs perspectives pas assez séduisantes pour acheter.

 

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