Analyse
Galapagos prend une gifle : une bonne leçon ! il y a 6 ans - jeudi 28 avril 2011

Vous nous demandez régulièrement pourquoi nous ne suivons pas davantage les actions de sociétés actives dans le secteur de la biotechnologie. En réponse, nous vous en référons à ce qui s’est passé le 15 avril concernant l’action Galapagos.

Le 15 avril, d’un seul coup, l’action Galapagos a perdu un quart de sa valeur, après que la société a communiqué qu’elle mettait fin à ses études sur un médicament.

 

Mauvaise nouvelle = lourde perte

Ce n’est pas un scoop : le cours des actions des sociétés biotechnologiques est très volatil et intimement lié aux résultats des études sur de nouveaux médicaments, ainsi qu’à la conclusion de partenariats entre entreprises. Tant que les nouvelles sur ces fronts sont bonnes, le cours évolue de manière positive. Mais dès que la moindre anicroche est perçue, c’est la bérézina.

 

Deux beaux exemples. En mars 2010, l’action Tigenix perdait un tiers de sa valeur, parce que les autorités américaines n’avaient pas donné leur accord pour un nouveau médicament consacré aux problèmes de cartilage dans le genou. Et le 15 avril dernier, c’est l’action Galapagos qui a fait les frais de mauvaises nouvelles. En une séance, elle a perdu pas moins de 25 %.

 

Etude stoppée

La société belgo-néerlandaise Galapagos dispose d’une plate-forme de recherche destinée à découvrir de nouvelles molécules capables de soigner diverses affections. Elle a aussi quelques médicaments en phase de développement. Ses travaux concernent surtout les affections relatives aux os et aux articulations.

 

Le 15 avril 2011, la société a été forcée de reconnaître publiquement qu’un de ses médicaments potentiels contre le rhumatisme ne fournissait pas les résultats souhaités et qu’elle n’avait d’autre choix que de mettre fin aux études y consacrées. Une bien mauvaise nouvelle, car ce médicament était celui auquel elle accordait le plus d’efforts et était un des cinq produits pour lesquels Galapagos travaille en collaboration avec Janssen Pharmaceutica.

 

C’en fut assez pour que d’aucuns s’inquiètent immédiatement de l’avenir des autres recherches en cours ainsi que du maintien du partenariat avec Janssen Pharmaceutica. Ces deux dernières années, Galapagos a en effet conclu divers partenariats (dès que certains objectifs sont atteints, le partenaire paie), faisant ainsi miroiter des millions de revenus potentiels. Le cours de Bourse a alors largement profité de ces grands espoirs. Rien d’étonnant dès lors à ce que l’apparition de toute menace sur ses revenus potentiels s’accompagne d’une forte chute du cours.

 

Trop risqué

Si nous vous contons ainsi les déboires de l’action Galapagos, c’est pour vous rappeler que bon nombre de sociétés biotechnologiques sont trop dépendantes de l’avenir d’un ou deux produits seulement. Aussi considérons nous qu’investir dans ces sociétés est un risque beaucoup trop important. A de nombreuses reprises, nous avons constaté que c’est l’actionnaire qui est le dindon de la farce lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu.
En réalité, les chances de succès des produits en développement sont globalement assez réduites. Un petit nombre seulement de tous les produits en phase de test sont réellement promis à un bel avenir.
Sur ces cinq dernières années, le secteur biotechnologique n’a pas fourni aux investisseurs un rendement moyen plus élevé que le secteur pharmaceutique “classique”. Et il s’est avéré beaucoup plus volatile.
Nous préférons dès lors conseiller, pour un investissement dans le secteur pharmaceutique, les actions des grands laboratoires, qui sont de toute façon aussi souvent présents dans le secteur biotechnologique, au travers de filiales précédemment acquises. Dans leur cas, les déboires éventuels de la branche biotechnologique sont compensés par des succès à d’autres niveaux.

 

Dans le secteur pharmaceutique, nos actions préférées sont :
Abbott Labs, Roche GS, Novartis et GlaxoSmithKline.

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