Analyse
IPO : succomber au chant des sirènes ? il y a 6 ans - mercredi 6 avril 2011

Les introductions en Bourse, ou IPO, ont atteint des niveaux record début 2011. Une aubaine pour l’investisseur particulier ?

Après un bon cru 2010, les introductions en Bourse, appelées aussi IPO pour Initial Public Offerings, ont atteint des niveaux record début 2011. Aux Etats-Unis, pas moins de 13 milliards de dollars ont été levés, soit un niveau quasi aussi élevé qu’en 2000, à l’apogée de la bulle internet.

Si les incertitudes actuelles ont contraint certains candidats à modifier leur calendrier, la tendance devrait se poursuivre cette année, avec les introductions très attendues du géant danois de la propreté ISS, du français Canal + (médias) ou encore de Glencore (matières premières).

Une aubaine pour l’investisseur particulier ? Pas vraiment.

La littérature financière tend à montrer qu’à long terme (entre un et cinq ans), la performance boursière des IPO est inférieure à celle de sociétés comparables. En cause, d’abord, la motivation même de l’introduction en Bourse. La cotation d’une entreprise est parfois le seul moyen pour ses fondateurs (et/ou apporteurs de capital risque) de céder leur affaire. L’IPO est alors plus un moyen de monétiser leur investissement initial que de lever les fonds utiles au développement de l’entreprise. Et, quand bien même les intentions des dirigeants sont au service direct de l’entreprise, ils n’en chercheront pas moins à tirer le meilleur parti de la cotation des titres de leur entreprise. C’est pourquoi ils choisissent souvent d’émettre des titres après avoir obtenu des performances opérationnelles trop élevées pour être conservées (gare aux déceptions par la suite) ou plus généralement lorsque les marchés boursiers sont bien valorisés. Le nouvel actionnaire, lui, en sort rarement gagnant.


Et pourtant… Un investisseur qui aurait misé sur l’introduction en Bourse du moteur de recherche Google en août 2004 aurait réalisé aujourd’hui un rendement de pas moins de 29 % en moyenne chaque année.

Aussi, si nous ne cherchons pas à diaboliser les IPO et à les éviter systématiquement, nous en conseillons néanmoins peu. Ce retour en force des IPO témoigne selon nous davantage du bon niveau de valorisation des marchés boursiers que d’opportunités pour l’investisseur. Plus que jamais, la sélectivité devra guider vos pas...

 

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