Analyse
Le secteur de la logistique il y a 6 ans - lundi 18 avril 2011

Très sensible à la conjoncture, le secteur de la logistique et du courrier express a été un des grands bénéficiaires de la reprise économique. Mais à l’heure où le prix du baril de pétrole franchit de nouveaux sommets, faut-il encore y investir ?

Secteur clef

Le secteur de l’expédition compte de nombreux acteurs. Les transporteurs de courrier et de marchandises sont aujourd’hui très largement sollicités, tant par les entreprises que par les particuliers.

 

L’activité des expéditeurs est étroitement liée au commerce mondial. Lorsque celui-ci chute brutalement comme ce fut le cas en 2009 (-12,2 %), les ventes du secteur affichent des chutes vertigineuses. A l’inverse, lorsqu’en 2010 le commerce mondial a rebondi (+14,5 %), les chiffres d’affaires ont augmenté fortement. Cette année, après la hausse record de 2010, le commerce mondial devrait ralentir. Les transporteurs vont donc retrouver un rythme de croissance plus régulier.

 

Bonnes perspectives

A long terme, les perspectives pour le secteur de la logistique et du transport express sont très positives.
Le secteur sera soutenu par le développement du commerce en ligne, qui dynamise les livraisons à domicile. Il profitera de la tendance des entreprises à la sous-traitance. Pour réduire les coûts et optimiser leur organisation, de plus en plus d’entreprises confient à des prestataires externes des activités non stratégiques, comme la logistique. Plusieurs secteurs industriels (automobile, technologie) ont recours au transport express pour réduire les stocks intermédiaires. La poursuite du développement des échanges commerciaux avec et au sein de l’Asie permettra aux entreprises de transport présentes à l’échelle mondiale de tirer parti de la hausse des volumes de marchandises transportées. La libéralisation du secteur postal de la plupart des marchés européens offre de nouvelles opportunités.

 

Ces quatre tendances vont permettre aux entreprises de soutenir leurs volumes vendus et leur marge bénéficiaire, sans se livrer à une guerre des prix.

 

Notre choix

Pour la présente analyse, nous avons choisi d’évaluer les actions d’entreprises capables d’intégrer tout le processus, depuis la collecte du colis chez le client jusqu’à sa livraison chez le destinataire. Parmi celles-ci, on en dénombre quatre qui sont capables de livrer aux quatre coins du globe : UPS, Fedex, DHL (filiale de Deutsche Post) et TNT. UPS et DHL offrent aussi aux entreprises la possibilité de prendre en charge leur logistique, c’est-à-dire toute une série de services liés à la chaîne d’approvisionnement : achats, transport, stockage et gestion des stocks, emballage, etc. Un créneau dans lequel se spécialisent trois entreprises, dont nous évaluons aussi l’action :Kühne & Nagel, C.H. Robinson et Expeditors Int'l of Washington. Les groupes que nous avons choisi d’évaluer ont une forte assise internationale. Par leur taille, ils peuvent réaliser d’importantes économies d’échelle.

 

Notre évaluation

Les perspectives à court terme sont assombries par le niveau des prix de pétrole et par les craintes liées à la catastrophe du Japon (impact encore flou). TNT a lancé un avertissement sur résultats, qui laisse à penser que certains résultats trimestriels pourraient ne pas répondre aux attentes. A plus long terme, le potentiel du secteur est indéniable mais les bonnes perspectives bénéficiaires sont intégrées dans les cours de Bourse (cours au 15/04/2011).

 

UPS (72,71 USD)

FedEx (92,58 USD)

C.H. Robinson (76,64 USD)

sont correctement évaluées.

 

Kühne & Nagel (128,00 CHF)

Expeditors Int'l of Washington (51,43 USD)

TNT (16,29 EUR)

sont chères.

 

Pour bénéficier des bonnes perspectives du secteur, choisissez la seule action que nous estimons bon marché : celle du groupe allemand Deutsche Post (12,77 EUR).

 

Sa division DHL, qui génère 75 % du chiffre d’affaires et 65 % du bénéfice opérationnel, conserve un important potentiel d’amélioration de ses profits et bénéficie, grâce à la solidité financière du groupe, d'un degré de risque inférieur à la moyenne (2). Certes, si l’action est bon marché, c’est aussi parce qu’elle souffre de la dépendance du groupe au courrier traditionnel en Allemagne, lequel est en déclin structurel. Mais en même temps, cette activité dégage encore beaucoup de liquidités, qui peuvent permettre d’amortir des chocs conjoncturels subis par DHL et qui assurent la stabilité du dividende (rendement actuel : plus de 5 % brut).

 

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