Analyse
100% pays émergents ? il y a 6 ans - mercredi 4 mai 2011

Pourquoi l’investisseur perdrait-il son temps sur les marchés des pays développés, alors que l’essentiel de la croissance économique des prochaines années viendra plus que probablement des pays dits émergents ?

Ces prochaines années, l’amélioration des politiques économiques après le choc de la crise asiatique de 1998 et une démographie favorable auront un effet positif sur la productivité des pays émergents, tandis que les pays développés seront confrontés à une population vieillissante et à la nécessité de réduire leurs dettes publiques et privées, ce qui pèsera sur la demande. Et pourtant… Malgré ce contraste économique, il n’est pas raisonnable de surpondérer les pays émergents dans votre portefeuille, et encore moins d’y consacrer toute votre épargne.

Pour qu’elle soit favorable aux actionnaires, la croissance doit résulter de projets (rentables) financés par les bénéfices réinvestis des sociétés. Or, dans les pays émergents, vu l’immense besoin de développement, une bonne part de l’activité provient d’augmentations de capital ou de création d’entreprises nouvelles. Ce qui ne profite pas aux actionnaires existants. Dès lors, une croissance économique ou bénéficiaire de 10 % par an peut ne profiter aux actionnaires existants qu’à concurrence de 2 ou 3 %, loin des rêves chimériques souvent associés aux pays émergents. Pourtant, sur les dix dernières années, les indices boursiers des pays émergents ont clairement dépassé ceux des pays développés : 13,4 % de plus en moyenne par an (en euro) ! L’explication vient moins de la croissance de ces pays que de la faible valorisation de ces Bourses il y a dix ans : simple effet de rattrapage ! Aujourd’hui, le rééquilibrage a été en grande partie effectué. Depuis quelques mois, les pays émergents sont d’ailleurs moins fringants, alors que les perspectives d’inflation inquiètent les investisseurs.

Si la diversification reste le principe de base de tout investissement (réduction globale du risque), nous restons également attentifs à la qualité des mécanismes de protection des investisseurs minoritaires (donc, vous), souvent moindre dans les pays émergents. Quoi qu’il en soit, ces pays méritent une place dans votre portefeuille. Nous vous conseillons de leur réserver quelque 15 % de vos avoirs dans le portefeuille neutre à 10 ans, via des actions chinoises et indiennes.

Consultez aussi l’ensemble de nos portefeuilles.

 

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