Analyse
Alternext le mal-aimé il y a 6 ans - jeudi 26 mai 2011

Ces derniers mois, différentes entreprises ont décidé de quitter le segment principal de la Bourse d’Euronext Bruxelles pour échouer sur un autre segment, bien moins fréquenté : Alternext. Pourquoi ? Est-le début d’une ère de succès pour Alternext ?

Dans l’ombre

Euronext Bruxelles se compose de trois grands segments de marché : Eurolist qui accueille la plupart des entreprises cotées, Alternext qui est spéciliasé dans les PME et le Marché libre qui est un espace peu réglementé. Jusqu’il y a quelques mois, Alternext n’avait aucun succès. Une poignée seulement de sociétés peu connues y étaient cotées. Qui a déjà entendu parler en effet d’Emakina Group, Sica Invest ou Polygone International ? Quant aux sociétés De Rouck Geomatics, Ecodis et Evadix, aussi cotées sur Alternext, il s’agit de trois entreprises qui ont été ou sont encore au bord de la faillite et qui ont vu partir en fumée une grande partie de leur capitalisation boursière. Pas une très bonne publicité donc pour Alternext. Et pas étonnant que l’attrait pour cette Bourse et sa liquidité n’aient jamais décollé. Dommage aussi que Porthus, qui avait connu un beau succès sur Alternext, ait rapidement choisi de migrer vers Eurolist.

 

Volte-face ?

Ces derniers mois, on pourrait croire qu’on assiste à un retournement de situation. Différentes sociétés ont décidé de quitter Eurolist, au bénéfice d’Alternext : c’est le cas du spécialiste du papier Catala, du brasseur Co.Br.Ha (connu pour sa bière Primus) ou encore de Pairi Daiza (l’ancien Parc Paradisio) et de Softimat (l’ex-Systemat). Alternext a même été le théâtre d’une introduction en Bourse, celle du français STS Group (qui est cependant coté depuis longtemps sur Euronext Paris).

 

Ces nouveaux-venus vont-ils insuffler un nouveau dynamisme à Alternext ? Pas sûr du tout. Tant pour Catala que pour Co.Br.Ha, les négociations sur les titres ont fortement chuté depuis leur arrivée. Les deux groupes ne se distinguent pas par leur dynamisme ou leur ouverture. Pour tous deux, la cotation boursière est un héritage du passé qu’il s’agit simplement d’assumer. Préférant l’anonymat, qui n’est pas toujours possible sur le principal marché d’Euronext, ils ont préféré Alternext. Softimat n’apportera pas non plus grand-chose au marché. La société n’est plus qu’une coquille vide sans activités et n’est guère intéressante pour l’investisseur.


Moins sévère

Le seul nom qui semble digne d’intérêt pour Alternext est Pairi Daiza. Mais, comme les autres, si la société a choisi Alternext, c’est pour échapper à la plus grande sévérité du règlement d’Eurolist. Pas très motivant pour l’investisseur, qui a plutôt besoin de transparence dans ses investissements. Les entreprises cotées sur Alternext disposent de plus de temps pour publier leurs chiffres et ne sont pas tenues au trading update trimestriel (publication du résultat trimestriel et des perspectives). Elles ne sont pas non plus obligées de respecter les normes comptables IFRS. Elles supportent donc moins de coûts.

 

Reste à voir si les nouveaux venus, et particulièrement Pairi Daiza, susciteront l’intérêt des investisseurs institutionnels, qui sont restés jusqu’ici quasi totalement absents de ce marché. On peut craindre que non, compte tenu de la trop faible taille des sociétés introduites, du manque de liquidité de leur action et de leur profil de croissance trop limité. Si un institutionnel désire acheter un gros paquet d’actions, il risque de devoir attendre longtemps avant de trouver contrepartie : la plupart du temps, il ne se passe rien ou presque sur Alternext. D’autant que les gros investisseurs préfèrent les sociétés transparentes et non celles qui cherchent à bénéficier d’une réglementation moins stricte.

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