Analyse
Banques brésiliennes : Banco Santander Brasil est notre favorite il y a 6 ans - mardi 24 mai 2011

Parmi les banques présentes au Brésil, Banco Santander Brasil nous semble être la meilleur marché, la plus solide et celle dont la rentabilité peut le plus progresser.

Vu son degré de risque (4), l’action est néanmoins réservée aux plus téméraires d’entre vous.

 

Un secteur sain

Bien capitalisé, le système bancaire brésilien est solide. La crise qu’a connue le Brésil dans les années 90 a précipité la restructuration du secteur bancaire, avec la disparition des institutions les plus faibles (160 banques en 2010, contre 245 en 1994). De plus, conséquence de la lutte contre l’hyperinflation, le régulateur brésilien a imposé assez tôt des normes strictes de fonds propres, comme par exemple l’interdiction d’acheter des actifs douteux. Du coup, les banques brésiliennes ont mieux traversé la crise financière que leurs consoeurs européennes et américaines.

 

Le secteur bancaire reste bien orienté grâce au recul du chômage, à une croissance économique attendue de 4,5 % en 2011 et de 4 % en 2012 et à l’augmentation des salaires. La hausse du pouvoir d’achat permet à un nombre croissant de Brésiliens de sortir de la pauvreté, ce qui est tout profit pour les banques de détail. Nous tablons sur un recours accru au crédit (bien qu’à un rythme moindre que ces dernières années) et à des produits bancaires plus sophistiqués et rémunérateurs.

 

A l’heure actuelle, les banques brésiliennes ne se portent pas trop bien en Bourse. En cause, les mesures prises par les autorités pour contrer la hausse de l’inflation. Le relèvement des taux d’intérêt freine la demande de crédit et pèse sur les cours des valeurs bancaires. Selon nous, ce mouvement touche à sa fin et les hausses restantes sont intégrées dans les cours.

 

Banco Santander Brasil

Banco Santander Brasil (BSB) est une filiale de la banque espagnole Santander. Avec une part de marché d’environ 10 % et quelque 2 200 agences, BSB est la troisième banque de détail du Brésil. Elle y est devancée par Banco do Brasil (5 000 agences), Itau Unibanco (5 000) et Bradesco (3 500). BSB tire 64 % de ses profits de la banque de détail, 28 % de la banque commerciale et 8 % de la gestion d’actifs.

 

Selon nous, BSB affiche une plus grande solidité que ses concurrents. Les fonds propres représentent 20 % de l’actif, contre 10 % pour ses rivaux. Un niveau qui laisse une marge de manœuvre financière importante pour ses investissements, sans mettre en péril la solidité. Le groupe ne publie pas encore de core tier one, mais selon des estimations, il se serait monté à 12 % fin 2010, devant ses homologues européens et brésiliens. Nous l’attendons toutefois en légère baisse les prochaines années, vu le développement prévu des activités.

 

Au niveau de la rentabilité, BSB est en retard. Outre des fonds propres trop élevés, la banque est pénalisée par la taille réduite de son réseau d’agences (moins d’économies d’échelle). Alors qu’il dépasse les 20 % pour Itau et Bradesco, le rendement sur fonds propres se monte à « seulement » 15 % pour BSB. La direction vise les 20 % d’ici trois à quatre ans. Vu la poursuite du programme de baisse des coûts et l’ouverture planifiée de nouvelles agences (100 en 2011), il ne faut cependant pas encore s’attendre à une amélioration substantielle cette année.

 

Depuis le sommet de 2009, l’action a perdu 30%, pénalisée par la remontée des taux et par des résultats financiers sans grand relief. Au niveau actuel, le cours tient compte de nouvelles hausses des taux et d’une rentabilité pour l’heure à la traîne. Vu les perspectives de croissance du secteur bancaire brésilien et la marge dont dispose BSB pour améliorer sa rentabilité, nous jugeons cependant que le marché est trop sévère et que l’action est fort sous-évaluée. Nous tablons sur un bénéfice par action de 1,20 USD pour 2011 et de 1,40 USD pour 2012. Grâce à un rendement sur dividende de 5,5 % brut (estimation très prudente), l’action est bon marché. Le titre est coté à New York sous forme d’ADR (American Depositary Receipt). Le code ISIN est US05967A1079.

 

Et les risques ?

Avec 24 % de leur revenu disponible affectés au remboursement de leurs crédits, la charge de la dette pèse de plus en plus sur les Brésiliens. A ce niveau, ils pourraient un jour ne plus pouvoir honorer leurs remboursements, ce qui contraindrait les banques à de nouvelles provisions. Nous tenons à l’œil la remontée au premier trimestre des crédits dénoncés par les emprunteurs. La formation d’une bulle sur le crédit n’est pas à exclure.

 

BSB est détenu à 80 % par l’espagnol Santander, ce qui laisse très peu de place aux actionnaires minoritaires. Mais vu le poids croissant de BSB dans les résultats de la maison-mère (actuellement 25 % du bénéfice), il ne devrait pas y avoir de problèmes.

 

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