Analyse
Flash crash : chute lourde et inattendue il y a 6 ans - jeudi 26 mai 2011

Il y a quelques semaines, en l’espace de quelques heures, le prix du pétrole chutait de plus de 10 %. Une baisse que d’aucuns considérèrent comme normale, après la forte hausse qui avait précédé. Selon d’autres, la cause était les ordinateurs qui pilotent les marchés.

    En réalité, les deux éléments semblent avoir joué un rôle, les ordinateurs accentuant le mouvement de baisse
    initié par les investisseurs.


Effet boule de neige

Vous souvenez-vous de la chute spectaculaire de la Bourse de New York l’an passé ? Le 6 mai 2010, en l’espace de 20 minutes, le Dow Jones perdait plus de 1 000 points, soit un peu moins de 10 %. La cause de cette chute brutale, aussitôt baptisée Flash crash, fut attribuée à la gestion informatisée de la Bourse. Les ordres de vente auraient subi un effet boule de neige. Car les programmes de suivi de la Bourse sont ainsi élaborés, qu’ils peuvent, dans des circonstances définies, donner automatiquement des ordres de vente, sans intervention humaine. Des ventes qui induisent une chute des cours, laquelle est à son tour le déclencheur d’autres ordres de vente programmés, et ainsi de suite. Les autorités de marché avaient alors juré de mettre tout en œuvre pour éviter qu’une telle situation se reproduise.

Ordinateurs

Depuis lors, il est vrai que les marchés n’ont plus connu de telle chute inattendue. Mais début mai, l’histoire sembla se répéter lorsque, en une demi-heure, le prix du pétrole passa de 110 à 100 USD le baril. En quelques minutes seulement, cela sema la panique. Et une fois de plus les ordres programmés et informatisés furent montrés du doigt.

 

Les ordinateurs réagissent de manière purement rationnelle et ne font que ce que pour quoi ils sont programmés. Des ordres de vente sont lancés automatiquement dès qu’un cours donné passe sous un niveau donné. Si un cours défini subit une chute imprévue, nombre d’ordinateurs programmés pour réagir à cette chute donnent à leur tour, quasi au même moment, des ordres de ventes, qui accentuent la chute. La liquidité sur les marchés des matières premières étant plus restreinte que sur les marchés d’actions, le phénomène se passe plus rapidement : il faut moins d’ordres de vente pour provoquer une avalanche.

Pas pour vous

De tout temps, les marchés financiers ont dû, tôt ou tard, subir de fortes chutes inattendues. La complexité des programmes informatiques imaginés à présent accentue ce risque. En 1987, le lundi 19 octobre, lorsque le Dow Jones perdit 22,6 % de sa valeur, c’était sur toute une journée. A présent, comme récemment avec le cours du pétrole, on assiste à de telles chutes en l’espace d’une demi-heure seulement.

 

Sur les marchés d’actions, les autorités ont déjà entrepris les démarches nécessaires pour pouvoir intervenir en cas de telle forte chute, par exemple en freinant les marchés ou en ayant la possibilité de suspendre tout échange. Sur les marchés des matières premières et en particulier sur le marché du pétrole, ce n’est pas encore le cas. Ces marchés sont d’ailleurs réservés aux professionnels du secteurs, tels que les hedge funds spéculatifs, les entreprises minières, les groupes industriels qui consomment des matières premières etc. Le petit investisseur n’a pas sa place sur ces marchés. Si vous souhaitez malgré tout profiter indirectement de la hausse du prix du pétrole, vous pouvez le faire au travers des actions des sociétés actives dans le secteur. C’est ainsi que nous conseillons notamment l’achat de Chevron, Royal Dutch Shell, Repsol ou encore BP (si, pour cette dernière, un risque supérieur à la moyenne ne vous effraie pas).

 

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