Analyse
Keyware Technology : ne tentez pas le diable ! il y a 6 ans - mardi 24 mai 2011

Cette petite société belge, fait l’objet de rumeurs d’OPA. Faut-il spéculer ?

Keyware Technology, petite société belge qui a réalisé en 2010 son premier bénéfice depuis sa création en 1996, fait l’objet de rumeurs d’OPA. Nous vous conseillons de ne pas spéculer et de rester à l’écart de cette action surévaluée, peu liquide et très risquée.

 

Passé peu glorieux

Keyware Technology est le numéro trois sur le marché des terminaux de paiements électroniques et de gestion des transactions en Belgique, derrière le géant Banksys, filiale du français Atos Origin, et le néerlandais CCV. N’étant jamais parvenu à s’imposer sur son marché national, le groupe a accumulé les pertes depuis sa naissance en 1996 et vu son cours passer de 374 EUR (prix ajusté après deux reverse splits) lors de son introduction en Bourse de Bruxelles en 2000 à 1,44 EUR actuellement. Il ne doit sa survie qu’à des augmentations de capital en série.

 

Enfin dans le vert en 2010

Le groupe s’est refait une (fragile) santé en 2010 avec la publication d’un premier bénéfice (0,03 EUR par action) depuis sa création. Keyware est devenu profitable suite à un partenariat noué avec un groupe hollandais en 2009. Il propose maintenant une offre globale de services de paiements plus séduisante pour les clients et a pour objectif de rester dans le vert en 2011. En meilleure forme, le groupe attise les convoitises. La direction a fait part il y quelques mois de l’intérêt de plus de deux groupes étrangers. Le nom du spécialiste français des terminaux de paiement Ingenico est souvent évoqué comme possible acquéreur. Des éclaircissements en la matière sont attendus dans le courant du troisième trimestre.

 

Ne spéculez pas

Nous vous conseillons de ne pas spéculer. Les risques sont bien trop élevés au regard du gain potentiel. En effet, l’action tient compte de ces rumeurs d’OPA et est actuellement surévaluée (une offre inférieure au cours actuel n’est pas à exclure). Et, en poursuivant l’aventure seul, le groupe aura du mal à créer de la valeur pour l’actionnaire : il est présent quasi exclusivement en Belgique où le paiement électronique est déjà fort répandu et dans une position concurrentielle inconfortable par rapport au géant Banksys. Nous ne voyons pas la direction capable de redresser la situation.

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