Analyse
Le point sur les opérateurs boursiers il y a 6 ans - lundi 9 mai 2011

Nasdaq OMX, NYSE Euronext et Deutsche Börse sont au centre d’une bataille bousière.

Secteur plus agressif

Les entreprises de marché n’échappent pas aux défis que connaissent d’autres secteurs : leurs marges sont mises sous pression par la concurrence et leur activité souffre d’une relative maturité. Elles n’hésitent dès lors plus à se lancer à l’assaut de concurrents, pour réaliser des économies d’échelle. Londres et Toronto ont annoncé leur fusion, Deutsche Börse a lancé une offre sur NYSE Euronext, suivie d’une contre-offre par Nasdaq OMX, et Singapore Exchange a souhaité racheter l’australien ASX (mais le gouvernement australien a mis son véto).

Craintes américaines

Nasdaq OMX s’est alliée à ICE (Bourse américaine des produits dérivés) pour lancer une contre-offre sur l’opérateur de la Bourse américaine classique NYSE Euronext (conservez). Au départ, l’offre de Nasdaq dépassait de 20 % celle de Deutsche Börse (conservez). Suite au recul du dollar face à l’euro, la différence s’est réduite à 9 %.

L’offre de Nasdaq OMX pose la question du monopole qu’il acquerrait ainsi sur le marché américain des entrées en Bourse (les sociétés américaines souhaitant être cotées, et qui privilégieront toujours la cotation aux USA, pourraient ne plus bénéficier de la concurrence entre opérateurs). Aussi, face à un risque de voir les autorités compétentes refuser l’offre de Nasdaq, les actionnaires de NYSE Euronext ne se précipitent pas pour y répondre.

L’offre de Nasdaq OMX sur NYSE Euronext prévoit de payer une partie en actions. Les actionnaires de NYSE Euronext deviendraient ainsi actionnaire de Nasdaq OMX, ce qui les inquiète, car Nasdaq OMX risque d’être très endetté après la fusion (même s’il s’est précédemment montré capable de réduire rapidement sa dette).

Nasdaq pas bon marché

Que vaudrait Nasdaq OMX si la fusion était finalisée début 2012 et qu’entre-temps, il n’y aurait ni mauvaise surprise (coûts inattendus, retard…), ni bonne (plus de synergies, hausse de l’activité…) ? Si nous faisons abstraction des synergies (qui seront faibles au début) et que nous tenons compte du coût d’intégration, nous estimons que le bénéfice par action du nouvel ensemble serait de 2,25 USD. Le cours actuel de Nasdaq OMX (26,59 USD), n’est pas assez sous-évalué par rapport à la valeur intrinsèque (30 USD) pour justifier un achat. Vous pouvez conserver l’action si vous n’êtes pas effrayé par le risque de voir Nasdaq OMX payer trop cher son acquisition et souffrir des difficultés de son intégration.

Investir dans les opérateurs ?

Quel que soit le repreneur du NYSE, la naissance d’un opérateur de taille forcera les concurrents au dynamisme et à la séduction. Car les entreprises souhaitant être cotées ont l’embarras du choix (l’italien Prada a décidé d’être coté à Hong Kong pour se rapprocher des marchés dynamiques…). Le secteur pourrait voir ses marges reculer et subir un certain emballement, personne ne voulant rester isolé. Au risque de surpayer pour des opérations de fusion / acquisition. Pour l’heure, l’action de la plupart des Bourses ne présente pas de décote justifiant un achat. L’espagnol Bolsas y Mercados Españoles fait exception.

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