Analyse
Surfez sur la vague de l’internet mobile il y a 6 ans - lundi 30 mai 2011

Les ventes de smartphones et de tablettes tactiles explosent actuellement. Comment profiter de cet engouement pour l’internet mobile ?

La révolution est en marche

Au premier trimestre 2011, un téléphone mobile sur quatre vendus dans le monde était un smartphone, téléphone portable qui permet de surfer sur internet en dehors de la maison ou du bureau. Les tablettes tactiles, plus proches d’un ordinateur portable et plus récentes, rencontrent aussi un franc succès commercial. Les possibilités qu’offre l’internet mobile paraissent quasi infinies (ex : médias, publicité ciblée grâce à la géolocalisation, télévision mobile, paiement mobile, etc…).

Nous nous concentrons ici plus particulièrement sur les fabricants de terminaux mobiles, bénéficiaires directs du développement de l’internet mobile dans le monde. Dans les pays émergents, le smartphone représente souvent l’unique accès à internet.

Apple, incontestable n°1

Les portes de l’internet mobile se sont véritablement ouvertes avec la sortie du premier iPhone d’Apple en juin 2007, dont le succès a été retentissant. L’arrivée de ce bijou de technologie créé par un groupe issu du secteur informatique a profondément bouleversé le marché des fabricants de téléphones portables, jusque là dominé très nettement par le finlandais Nokia, déjà présent dans les smartphones mais avec des produits bien moins aboutis. Le succès des générations successives d’iPhone a été tel que, moins de quatre ans après la sortie de l’iPhone, la marque à la pomme a détrôné le géant finlandais Nokia. Au premier trimestre 2011, les ventes d’iPhone ont rapporté 8,9 milliards d’euros à Apple, contre 7,1 milliards pour l’ensemble des téléphones vendus par Nokia.

Clés du succès d’Apple et de son iPhone : un produit convivial, à la pointe technologiquement, un marketing savamment orchestré par son directeur emblématique Steve Jobs et une boutique d’applications mobiles bien fournie qui lui permettent de vendre son produit haut de gamme deux fois plus cher que la plupart des produits concurrents. Incapable de réagir, Nokia a connu une véritable descente aux enfers. Sa part de marché en volumes dans les smartphones est passée de près de 40 % en 2009 à un peu plus de 20 % actuellement, entraînant dans sa chute les profits et le cours de Bourse. L’alliance conclue avec le géant Microsoft (n’achetez pas), lui-même en perte de vitesse, ne devrait pas changer fondamentalement la donne selon nous.

Parmi les autres victimes d’Apple, marginalisés faute d’avoir su se réinventer, citons Motorola (n’achetez pas) et
Sony-Ericsson. Le canadien RIM (n’achetez pas) et son Blackberry, grâce à un positionnement axé sur les entreprises, a limité la casse, avec une part de marché qui demeure à 14 % en 2010, contre 20 % en 2009.

L’Asie reste incontournable

Autre géant issu du secteur informatique, Google a su se faire une place dans ce pré carré en se concentrant sur la mise au point d’un système d’exploitation de qualité, Android, qui séduit un nombre croissant de fabricants de smartphones, e.a. asiatiques comme les sud-coréens Samsung et LG, le taïwanais HTC et les chinois Huawei et ZTE, deux géants très ambitieux. Ce sont les acteurs qui montent au sein du secteur : part de marché de 11 % au premier trimestre 2011 pour Samsung, contre 3 % en 2009.

Le boom des tablettes

On assiste au même raz de marée de la part d’Apple dans les tablettes tactiles. Son iPad, sorti dans le courant de l’année, s’est accaparé 84 % du marché en 2010. Ayant raté le phénomène des smartphones, certains géants de l’informatique entendent cette fois ne pas rater le train, d’autant que, proche d’un ordinateur portable, ce nouveau produit-phare menace de cannibaliser les ventes d’ordinateurs.

C’est notamment le cas d’Intel dont les microprocesseurs équipent plus de 80 % des ordinateurs dans le monde et qui n’a pas tardé à réagir. Le groupe travaille actuellement à la conception d’un processeur à même de concurrencer celui du britannique ARM Holdings, qui équipe quasi tous les smartphones et les tablettes tactiles et dont le cours a explosé ces dernières années.

Les fabricants d’ordinateurs comme HP (n’achetez pas), Dell (n’achetez pas), Asus et Acer sortent progressivement leur propre tablette tactile, chacun tentant de se démarquer des autres, mais le retard (en termes de timing et marketing) pris sur Apple est déjà colossal. Malgré l’émergence de nombreux concurrents, le cabinet d’études Gartner prévoit que la part de marché d’Apple devrait se maintenir à près de 70 % en 2011 et à près de 50 % en 2015. Cette stratégie des fabricants d’ordinateurs a tout de la fuite en avant. Le secteur risque d’être rapidement saturé, menaçant la rentabilité de ceux qui n’auront pas su se différencier et séduire le client. Il y aura in fine peu d’élus qui tireront les marrons du feu.


Conclusion et conseils

Le marché des terminaux mobiles penche de plus en plus vers l’Asie, avec l’émergence d’acteurs de premier plan comme Samsung, LG, HTC, ZTE et Huawei. Il est toutefois difficile pour l’investisseur lambda occidental d’investir directement dans ces valeurs cotées à Seoul, Hong-Kong, Taïwan ou Shenzen. C’est aussi le cas pour les taïwanais Acer et Asus.

Du côté des acteurs occidentaux, nous n’avons pas décelé de valeur digne d’achat. En revanche, la croissance attendue des ventes de smartphones et de tablettes tactiles entraînera dans sa foulée toute une série de fabricants de composants. Nous suivons déjà certaines valeurs qui profiteront de près ou de loin de cette dynamique, comme ARM et Intel, mais aussi STMicroelectronics et Texas Instruments.
Nous suivons aussi d’autres valeurs concernées par le secteur : STMicroelectronics et Texas Instruments.

Et surtout, nous vous conseillons de miser sur le concepteur américain de composants électroniques TriQuint Semiconductor, qui équipe notamment l’iPhone et l’iPad d’Apple. Une action que nous suivons à présent.


Espoirs déçus pour les opérateurs télécoms
L’internet mobile ne représente pas pour l’heure le relais de croissance espéré par les opérateurs télécoms. En effet, l’essentiel des profits générés par l’internet mobile leur échappe au profit notamment d’Apple et de Google qui se rémunèrent à travers la vente d’applications mobiles. Le néerlandais KPN a même récemment indiqué que le développement de l’internet mobile avait pour conséquence négative le recours croissant à des programmes comme Skype pour téléphoner, qui cannibalise les profits générés par les conversations téléphoniques. Gageons que les opérateurs parviendront in fine à obtenir leur part du gâteau, notamment en adaptant leur politique tarifaire ou en mettant à contribution les gros utilisateurs de bande passante comme les sites de partage de vidéos (ex : Youtube). Nous restons globalement positifs sur les valeurs du secteur télécom, dont les perspectives de croissance ne sont certes pas des plus séduisantes, mais qui redistribuent de généreux dividendes. Nous vous conseillons Vodafone, Telefónica, France Télécom, AT&T, Telecom Italia et le brésilien Telesp, plus risqué.

 

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