Analyse
Energie : l'Allemagne rebat les cartes il y a 6 ans - mercredi 1 juin 2011

L'Allemagne a annoncé son intention de sortir complètement de l'énergie nucléaire d'ici 2022.
Réaliste ?

Politique ou pas, réaliste ou non, la nouvelle a retenti comme un coup de canon sur le secteur de l'énergie. L'énergie nucléaire représente 25 % de la production allemande.

 

Les producteurs d'électricité nucléaire, actifs en Allemagne, ont accusé le coup.
C’est le cas d’E.ON, RWE (n’achetez pas) ou encore, dans une moindre mesure, de GDF Suez.
Pour eux, l'abandon du nucléaire est synonyme de perte de revenus, alors que le développement de la filière en Allemagne avait nécessité des investissements importants.
Et c’est un sale coup pour les investisseurs qui les avaient choisis pour leur caractère défensif.

 

Et des questions fusent. Ces producteurs bénéficieront-ils de compensations ? Le prix de l'électricité en Allemagne va-t-il augmenter et dans quelle proportion ? Quelle suite judiciaire les producteurs d'énergie risquent-ils de donner à la décision du gouvernement allemand ? Comment le secteur de l'énergie va-t-il s'adapter ? Investira-t-il plus dans l'énergie verte ?

 

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les acteurs des énergies alternatives ont profité de la nouvelle. Car nucléaire ou pas, il faudra bien produire l'électricité que consomme l'Allemagne. Si l'augmentation du recours au charbon et au gaz naturel devrait permettre de couvrir la moitié de la production électrique allemande qu’assure actuellement le nucléaire (laquelle représente 25 % de la production totale), le reste viendra des énergies renouvelables. Leur part dans la production allemande d'électricité devrait donc passer, d’ici 2020, de 18 à 35 %. Les acteurs du secteur ont dès lors déjà vu leurs cours rebondir fortement.
C’est le cas de JinkoSolar, notre valeur favorite dans le secteur solaire ou de Vestas Wind, actif dans l'éolien.
Prochaine étape : la présentation, ce 6 juin, par le gouvernement allemand de son plan de sortie définitive du nucléaire.

 

Pour E.ON, les mises en garde du groupe ces dernières semaines nous avaient incités à réduire nos prévisions de bénéfice par action (à (2,73 EUR pour 2011 et 2,65 EUR pour 2012). Le groupe réduit aussi son dividende pour 2011 à 1,30 EUR brut (contre 1,50 pour 2010). Au-delà, ce dividende dépendra beaucoup des modalités pratiques de l’arrêt des centrales et des éventuelles compensations. Pour 2012, nous tablons sur sa stabilité (à 1,30 EUR brut).

 

Partagez cet article