Analyse
Secteur bancaire : trop d’incertitudes il y a 6 ans - mercredi 22 juin 2011

Le secteur bancaire européen suscite toujours la méfiance des investisseurs. Trop d’inconnues planent encore.

Ces trois derniers mois, le secteur bancaire a reculé de 6,92 % alors que dans le même temps le Stoxx Europe 50 a progressé de 0,03 %. Un écart qui ne semble pas près de se réduire… Même si les valorisations sont faibles, nous ne sommes pas acheteurs.
Contentez-vous de conserver.

 

Dettes souveraines

La crise des dettes souveraines continue d’empoisonner la vie des banques, même si toutes ne sont pas logées à la même enseigne. L’évolution récente, avec le rebond de la crise grecque, confirme les difficultés des banques à mettre définitivement ce problème derrière elles. Selon nous, l’impact direct d’un défaut de la dette grecque est toutefois gérable. Hors banques locales, BNP Paribas est la plus exposée aux titres souverains grecs. Une restructuration de la dette de 50 % aurait un impact négatif de 0,4 % sur son core tier one, le matelas de sécurité constitué par les fonds propres. Soit rien d’insurmontable. Mais une faillite – hypothétique – des banques locales pourrait déclencher un mouvement de panique au niveau européen. La priorité des banques (et des Etats) à présent est de gagner du temps pour alimenter leurs fonds propres. Un besoin estimé à 240 milliards d’euros pour les plus grandes banques. Fini donc les dividendes correspondant à 40 voire 50 % des bénéfices…

 

Stress tests : le salut ?

Nous n’attendons pas grand-chose des stress tests en cours d’élaboration :
– Les conséquences du défaut d’un Etat ne seront pas testées. C’est pourtant essentiel pour juger de la capacité des banques à résister à un choc majeur !
– Les banques montrent peu d’entrain à collaborer. Selon l’agence européenne de contrôle (EBA), certains régulateurs nationaux et banques auraient transmis des données fausses ou fondées sur des scénarios volontairement trop optimistes. Pas vraiment rassurant.

 

Evaluation

Les banques de notre sélection se négocient aux alentours d’une fois les fonds propres. Un niveau peu élevé révélateur de la méfiance des investisseurs et qui devrait perdurer aussi longtemps que les incertitudes persisteront.

 

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