Analyse
Texaf : valeur cachée ? il y a 6 ans - vendredi 24 juin 2011

Le holding Texaf, investi uniquement en République démocratique du Congo, a survécu à tous les troubles qui ont animé l’histoire de ce pays. En 2010, il a fêté ses 85 ans. Le rebond économique devrait profiter à son patrimoine immobilier, pour lequel une grosse opération pourrait d’ailleurs être bientôt bouclée.

Le cours (219 EUR) affiche une décote de 30 à 40 %.
Après sa flambée des deux dernières années, seuls les spéculateurs peuvent conserver le titre.

 

Congo

La République démocratique du Congo (RDC), riche en ressources minières, agraires, hydroélectriques… profitera à l’avenir de la forte demande de matières premières issue de Chine. Ces prochaines années, sa croissance devrait dépasser 6 % l’an. Le belge Texaf est un holding, concentré exclusivement sur la RDC, un ex-géant du textile, déchu après les pillages des années 90 et la concurrence asiatique. Il est présent dans trois activités : Carrigrès (carrières de grès pour les constructeurs de routes), Mécelco (construction et entretien de wagons miniers, en perte) et l’immobilier, sur lequel, dès 2002, il a misé pour sa reconversion. A Kinshasa, où l’immobilier est en plein boom, Texaf détient une concession sur ±40 hectares de choix. Elle génère ±80 % du bénéfice opérationnel et représente, selon nous, 9/10 de la valeur intrinsèque. Texaf y a beaucoup bâti et réhabilité et offre des locations de standing (sécurité, piscine…). Cela lui a permis de quasi doubler ses revenus locatifs (en euro) ces cinq dernières années et d’amortir le coût des constructions en 4 ou 5 ans ! Et le groupe devrait signer bientôt un gros contrat, pour la location d’entrepôts reconvertis en 23 000 m² de bureaux.

 

Les risques

Mais il y a aussi des risques. Le système de concession imposé aux étrangers (25 ans renouvelables) laisse planer une incertitude sur la poursuite de la jouissance des avoirs. Et les tentatives de spoliation sont fréquentes dans le pays. Les espoirs de développement sont enfin limités par la difficulté de financement (banques locales sous capitalisées, banques étrangères frileuses pour investir au Congo).

 

En Bourse

Le cours (219 EUR) affiche une décote de 30 à 40 %, sans tenir compte d’une créance sur l’Etat congolais qui résulte d’une nationalisation de 1965 et subsiste malgré un jugement vieux de 14 ans… A court terme, la décote pourrait être un peu rabotée, compte tenu de l’espoir du gros contrat qui va mettre Texaf sous le feu des projecteurs. Mais toute activité en RDC constitue toujours un risque énorme, qui impliquera pour longtemps encore une forte sous-valorisation des actifs.

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