Analyse
Attaque sur les strips il y a 6 ans - mardi 19 juillet 2011

Les strips, qui permettent de réduire de 25 à 15 % le précompte mobilier retenu sur les dividendes d’actions, ont été malmenés en Bourse en début de mois. L’explication est politique.

Bientôt la fin des strips ?

De nombreux strips ont connu récemment une brutale baisse de cours. En quelques séances seulement, les strips de Bekaert, Colruyt et Elia ont cédé un tiers de leur valeur. A l’origine de cette baisse, la note d’Elio Di Rupo qui prévoit, entre les lignes, l’impossibilité de bénéficier encore à l’avenir de réductions sur le précompte mobilier. Autrement dit, les strips deviendraient totalement inutiles. Bien sûr, il ne s’agit encore que d’un projet qui fera encore l’objet de débats et dont rien ne dit à ce stade qu’il sera finalement adopté. Mais il n’en fallait pas moins pour provoquer le recul massif des cours de ces fameux strips. On le sait : les investisseurs détestent l’incertitude.

Pas de panique

Si vous possédez des strips, nous ne vous conseillons pas de vous précipiter pour vous en débarrasser, mais plutôt d’attendre de voir venir.

 

D’abord parce qu’il n’est pas du tout sûr que le contenu de la note de Di Rupo soit concrétisé. Et quand bien même, en cas de vente, il faut être attentif aux frais de transactions. En effet, certains strips ne valant pas grand-chose (le cours du strip d’Ageas, par exemple, ne dépasse pas… 0,001 EUR), les frais de transaction risquent de dépasser le produit de la revente. Dans de tels cas, mieux vaut ne rien faire, quoi qu’il arrive. Certes, d’autres strips affichent un cours plus élevé (comme par exemple celui de Colruyt, un groupe habitué à distribuer de généreux dividendes à ses actionnaires). Mais pour ceux-ci aussi, il convient de relativiser. Imaginons en effet que vous possédiez 200 actions et 200 strips Colruyt. Aux cours actuels, cela représente un investissement de ±6 700 EUR dans l’action Colruyt, mais d’une centaine d’euros seulement dans le strip Colruyt. En revendant aujourd’hui, vous sécurisez certes ces 100 euros. Mais vous vous privez aussi, si les strips devaient finalement continuer à exister, de la possibilité de bénéficier encore d’un précompte réduit.

Bref, compte tenu du faible enjeu, rien ne presse ! D’autant qu’il est fort probable, quelle que soit l’issue, que vous pourrez bénéficier encore au moins une fois de la réduction de précompte (le prochain dividende de Colruyt est pour fin septembre ou début octobre).

Simple fixing

Les strips sont cotés sur le simple fixing, ce qui signifie qu’ils ne sont négociés qu’une fois par jour, à 15 heures. Pendant la demi-heure qui suit le fixing, les échanges peuvent avoir lieu au prix du fixing. Ensuite, le marché entre à nouveau en « avant-bourse » et tous les ordres sont rassemblés dans le carnet d’ordres central jusqu’au fixing suivant (le jour ouvrable suivant à 15 heures).

Le simple fixing autorise des écarts de cours maximum plus importants que le marché continu. C’est indispensable, pour des titres comme p.ex. le strip d’Ageas, qui ne vaut que 0,001 EUR. Il faudrait beaucoup trop de temps avant qu’il n’atteigne p.ex. 0,002 EUR. Pour commencer, une différence de 20 % par rapport au cours précédent est acceptée pour tenter de former un cours. Si aucun cours ne se forme, le cours est gelé pendant 15 minutes et une différence de 10 % supplémentaires est accordée. Au total, le simple fixing accepte donc une fluctuation pouvant atteindre 30 %. Cela explique comment les strips ont pu subir une baisse de cours aussi brutale.

 

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