Analyse
Nous suivrons à présent l’action de Deutsche Lufthansa il y a 6 ans - lundi 18 juillet 2011

Le transporteur aérien allemand tire son épingle du jeu, dans un secteur pénalisé par divers facteurs, dont le prix du pétrole.

Le recul du cours (-12 %) depuis début 2011 nous semble exagéré.
Titre bon marché.
ACHETEZ.

Turbulences

En Bourse, le cours de la plupart des compagnies aériennes peut sembler sous-évalué. Mais ces valorisations sont en réalité moins intéressantes qu’il n’y paraît. Car le secteur souffre de diverses turbulences.

 

Depuis 2001, le secteur aérien a accumulé des pertes de 30 milliards de dollars. Dans son ensemble, il n’a été rentable que trois années sur dix, pénalisé par deux crises économiques (2002-03 et 2008-09) et par divers évènements : des mouvements sociaux à répétition, les attaques terroristes (2001), les éruptions volcaniques (2010) et bien sûr la flambée du prix du baril (pour l’heure, le carburant compte en moyenne environ pour 27 % des coûts opérationnels des compagnies).

 

Récemment, l’Association du transport aérien international (Iata) a aussi annoncé pour l’ensemble de 2011 une forte réduction de sa prévision bénéficiaire pour le secteur. En cause, toujours le prix du pétrole, mais aussi le tremblement de terre au Japon et les tensions politiques des pays arabes.

 

Pour réussir dans un secteur aussi fragile, il faut donc une rigueur et une résistance dont peu de compagnies peuvent s’enorgueillir. La sélectivité est donc de mise si on investit dans le secteur. Et Lufthansa est un bon choix.

Acteur global

La compagnie aérienne allemande Deutsche Lufthansa, une des plus grandes au monde, emploie plus de 100 000 salariés et réalise 74 % de son chiffre d’affaires dans le transport de personnes (plus de 90 millions de passagers en 2010). Outre l’enseigne Luthansa, elle exploite les enseignes Austrian Airlines, SWISS, British Midland et Germanwings et détient des participations dans Brussels Airlines, JetBlue et SunExpress. Elle est aussi présente dans la logistique (10 % de son chiffre d’affaires), l’entretien et la réparation des avions (9 %), la restauration (6 %) et les services informatiques (1 %).


Stratégie payante

La stratégie de la Lufthansa vise à renforcer sa position de leader en Europe. Cela passe par les acquisitions (elle a déjà acquis Austrian Airlines et British Midland) et par des partenariats de partage de vols (Star Alliance). Son but est d’alimenter ses plateformes de correspondance (sa principale plaque tournante est Francfort) avec des passagers qui poursuivent sur des vols intercontinentaux, et d’ainsi tirer parti de la croissance des vols long-courriers (même si la concurrence des pays du Golfe s’intensifie). Cela lui permet aussi de mieux rentabiliser la capacité de sa flotte (taux d’occupation de 80 %, un des meilleurs du secteur).

 

Le groupe veille en outre à diversifier ses revenus (transport, restauration, cargo, maintenance).

 

De la sorte, Lufthansa parvient à maintenir une certaine stabilité de ses bénéfices, à l’heure où le secteur aérien est secoué. En 2009, année de crise sans précédent, elle a été une des rares compagnies aériennes à dégager un bénéfice opérationnel. De 2001 à 2010, elle n’a été en perte que sur trois années (contre sept pour l’ensemble du secteur). Un exploit quand on sait que le taux d’amortissement de sa flotte est nettement supérieur à la moyenne (achat des avions amorti en 12 ans, alors que des concurrents étalent cet amortissement sur 25 ans et réduisent ainsi leurs coûts annuels).

Embarquez !

En Bourse, les performances et la santé financière de Lufthansa ne sont pas passées inaperçues. Le rendement du titre dépasse ainsi largement celui de l’ensemble du secteur aérien mondial. Mais le marché ne valorise pas encore à leur juste valeur les perspectives bénéficiaires de la compagnie. Car la croissance des bénéfices sera soutenue par la croissance interne (suite notamment au développement du long-courrier), par la modernisation de sa flotte (qui deviendra moins gourmande en kérosène) et par les synergies issues des acquisitions (Austrian Airlines, British Midland).

Ces deux prochaines années, selon nous, le résultat opérationnel devrait battre son record de 2008 (1,38 milliard d’euros), stimuler ainsi le cours de l’action et favoriser le paiement de dividendes (pay-out actuel visé par Luftahansa : 30 à 40 % du bénéfice opérationnel, soit 0,70 EUR brut attendu pour le dividende relatif à l’exercice 2011).

Nous tablons sur un bénéfice par action de 1,45 EUR en 2011, de 1,75 EUR en 2012 et de 2,00 EUR en 2013.

 

Cours au moment de l’analyse : 14,20 EUR

 

 

Partagez cet article