Analyse
Rachat d’actions ou dividende ? il y a 6 ans - vendredi 22 juillet 2011

Deux possibilités s’offrent à une société qui dispose d’une part de bénéfices à distribuer aux actionnaires : verser un dividende ou lancer un programme de rachat d’actions.

Chaque année, si tout va bien, une société réalise des bénéfices. Une fois retirées les liquidités nécessaires au maintien de l’activité (fonds de roulement), il lui reste alors le free cash-flow, à savoir l’argent disponible pour rembourser les emprunts, investir dans de nouvelles activités et/ou redistribuer de l’argent aux actionnaires.

 

Dans ce dernier cas, deux possibilités s’offrent à la société : verser un dividende ou lancer un programme de rachat d’actions.

 

En ce qui concerne le dividende, les entreprises fixent en règle générale un niveau qu’elles se sentent en mesure de maintenir dans le temps, selon leur confiance en l’évolution de leurs liquidités. Un exercice périlleux quand on sait que la révision à la baisse du dividende est rarement appréciée par les marchés. Résultat : elles préfèrent, en cas de surplus de liquidités, lancer des rachats d’actions. Une solution moins contraignante car considérée comme non récurrente.

 

Mais est-ce bien dans l’intérêt de l’actionnaire ?
En théorie, un rachat d’actions fait grimper mécaniquement le bénéfice par action (moins d’actions en circulation) et donc le cours. Mais la hausse de l’action n’est, dans la pratique, pas si évidente. Le cas de Cisco Systems, n°1 mondial des réseaux informatiques, en est l’illustration la plus évidente. Entre 2002 et 2009, Cisco a racheté pour 55 milliards d’actions propres. Or, son cours est toujours plus ou moins au même niveau qu’en 2002 (environ 20 USD). L’explication est double. Primo, les rachats ont surtout servi à fournir des actions aux employés dans le cadre de généreux programmes de stock options. Deuzio, un rachat d’actions doit se concevoir comme tout autre investissement et l’action Cisco était, sur la période, globalement chère. Le groupe a donc plutôt offert une porte de sortie intéressante aux actionnaires vendeurs et pénalisé les actionnaires restants.

 

Un dividende généreux, même s’il est moins stable dans le temps, et qui profite à tous les actionnaires, nous semble donc plus intéressant que des rachats d’actions erratiques.

 

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