Analyse
TomTom : pas une opportunité il y a 6 ans - vendredi 8 juillet 2011

Le célèbre constructeur néerlandais de navigateur GPS TomTom a déjà lancé deux avertissements sur résultats cette année. Après le second, son cours s'est effondré de 27% ! Plutôt qu'une réaction épidermique du marché, nous y voyons la confirmation de véritables problèmes.

 

Perte de vitesse
Le marché des GPS autonomes (60 % des débouchés de TomTom) ou PND (Portable Navigation Device) doit aujourd'hui faire face à la concurrence des smartphones (Blackberry, iPhone…), qui intègrent presque systématiquement la navigation GPS (en application payante ou non). Résultat, les ventes de PND sont en chute libre. On prévoit ainsi un recul de 10 % cette année en Europe et de 30 % en Amérique du Nord.
Le chiffre d'affaires de TomTom devrait quant à lui perdre 18 % et son bénéfice fondre de 50 %.

 

Second souffle ?
Pour compenser ce manque à gagner, le néerlandais doit revoir sa stratégie et trouver de nouveaux relais de croissance. Il a ainsi déjà conclu des partenariats avec des constructeurs auto (Renault, Mazda), pour installer les GPS au montage des véhicules. Mais cela reste insuffisant pour compenser l'effondrement de ses ventes. 
TomTom cherche par ailleurs à proposer des services complémentaires, à plus forte valeur ajoutée, tels que l'info trafic, la météo, les avertisseurs de radars. Mais la recette ne semble pas fonctionner : les consommateurs qui achètent encore des PND se focalisent sur le bas de gamme.

 

Mort annoncée ?
Bien que le marché des PND devrait encore décroître, TomTom pourrait tirer son épingle du jeu sur le marché des smartphones. Il propose déjà des applications pour iPhone qui rencontrent un certain succès, grâce notamment à la richesse des cartes dont TomTom dispose depuis l'acquisition de Télé Atlas en 2008. 
Il faut néanmoins craindre une forte contraction de la rentabilité ces prochaines années.

 

Compte tenu des incertitudes qui pèsent sur l'activité et sur la capacité de rebond de l'entreprise, le repli du cours nous semble justifié.
L'action est correctement évaluée.
Conservez mais n'achetez pas.

 

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