Analyse
Le krach boursier n’a pas eu lieu il y a 6 ans - mardi 16 août 2011

La volatilité sur les Bourses reste néanmoins importante.

Les investisseurs ont joué à se faire peur au cours de la semaine écoulée mais au final, le krach boursier tant redouté n’a pas eu lieu. Les variations de cours, d'un jour à l'autre, voire au sein d'une même journée, ont néanmoins été très fortes. Au total, les deux principaux indices que sont le S&P 500 américain et le Stoxx Europe 50 ont terminé la semaine sur une note globalement négative : -1,7 % pour le premier, -1,4 % pour le second. Le Bel 20 s’est quant à lui apprécié de 3,9 %. La performance de notre indice national reste néanmoins négative depuis début août : -6,8 %.

Gardez la tête froide

Nous vous conseillons de garder la tête froide. Evitez de boursicoter au jour le jour pour tenter de profiter de la volatilité exacerbée des marchés (comprenez : acheter au plus bas pour revendre au plus haut) : pas plus que nous, les investisseurs individuels ne disposent des outils nécessaires pour gagner à ce petit jeu. Pour vous conseiller au mieux, nous gardons notre ligne de conduite qui est d'analyser les faits (plutôt que de céder aux rumeurs de toutes sortes) et d'en tirer des conclusions quant à l'évaluation des bourses et des actions. Sur cette base, investissez toujours dans une optique de moyen/long terme en profitant des opportunités, même si tel ou tel conseil peut changer assez rapidement au gré de brutales variations de cours.

Quels sont les faits et comment les interpréter ?

Même si la nouvelle a fait grand bruit, la dégradation de la notation de la dette américaine par Standard & Poor's ne peut justifier à elle seule l'extrême nervosité ambiante. Plus marquantes furent les inquiétudes entourant la solvabilité des banques de la zone euro prises dans la tourmente de la crise des dettes souveraines. Envisageant les pires de scénarios macroéconomiques (grosses difficultés, voire défauts, pour les dettes publiques italienne et espagnole, et tensions sur les taux de la dette française), les investisseurs ont une nouvelle fois sanctionné prioritairement les actions bancaires. Même si ces scénarios restent peu probables, l'écho de la crise de 2008 a résonné : personne à l'époque ne voyait venir ni la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers ni ses conséquences désastreuses. Remplaçons Lehman Brothers par quelques banques européennes importantes et c'est toute l'économie, non seulement européenne mais mondiale, qui entrerait sans doute en récession. Sur ce fertile terreau fantasmatique, les rumeurs les plus folles se sont propagées, allant jusqu'à annoncer, à tort (semble-t-il !), la faillite imminente de la banque française Société Générale (-11,4 %, conservez). Vendredi, pour calmer les esprits, les autorités européennes ont annoncé une interdiction partielle des ventes à découvert ("short selling") sur les valeurs financières, des pratiques suspectées d'entretenir la volatilité. Après plusieurs semaines de baisses de cours, les actions financières ont encore reculé de 2,7 %. Compte tenu des grosses incertitudes les entourant, elles demeurent toujours en dehors nos portefeuilles.

L'Espagne en plus !

Même si les marchés ont été agités par ces fantasmagories, répétons-le : nous ne sommes pas dans un cas de figure de récession mondiale généralisée. Certes, les perspectives économiques restent plombées en Occident. La croissance y restera selon toute probabilité faible, malgré l'engagement aux Etats-Unis de la Réserve Fédérale (banque centrale) de soutenir l'économie par des taux d'intérêt durablement bas. Au niveau des entreprises, les responsables sont assez inquiets de l'évolution de la situation, comme en témoigne une enquête d'opinion menée au niveau mondial en juin et juillet. Mais les structures financières des grands groupes sont assez saines et les activités des entreprises sont de plus en plus mondiales : les bons niveaux d'activité dans les pays émergents, tels que révélés à l'occasion de la publication des résultats trimestriels, sont assez rassurants. Par ailleurs, certains chefs d'entreprise, surtout aux Etats-Unis, considèrent que la Bourse a péché par excès de pessimisme. C'est pourquoi ils se portent assez sensiblement acquéreurs des actions de leurs propres entreprises. Un signal qui conforte notre propre analyse du caractère assez bon marché de la Bourse américaine. Cisco (+7 %), le géant technologique, a par ailleurs rassuré jeudi avec de bons résultats. Nous conservons cette valeur. Ailleurs, nous gardons une opinion globalement favorable sur les actions britanniques et ajoutons, comme place financière également bon marché, la Bourse espagnole. Parmi les valeurs espagnoles bon marché, citions au sein de notre sélection Iberdrola (+0,4 %), Repsol YPF (+1,8 %), BME (+4,8 %) et Telefonica (-2,6 %).

 

Variations de cours du 05/08 au 12/08/2011, à la clôture

 

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