Analyse
Dexia, KBC, Ageas et la tragédie grecque il y a 6 ans - vendredi 16 septembre 2011

Le danger toujours plus grand de grave défaut de paiement de la Grèce a chahuté les cours des valeurs bancaires ces dernières semaines. Quelles sont précisément les conséquences pour les trois grandes valeurs financières belges ?

 

Deuxième plan de sauvetage

Le 21 juillet, l’Europe décidait de voler encore au secours de la Grèce. Et elle ne se contentait plus de s’adresser aux Etats. Elle demandait aussi une participation volontaire des institutions financières détenant des obligations de l’Etat grec, leur rôle consistant à réinvestir les emprunts d’Etat grecs venant à échéance avant 2021 dans des titres similaires à 15 ou 30 ans, subissant ainsi une perte de 21 % sur la valeur des obligations existantes. 

 

Pas assez ?

Ageas, Dexia et KBC ont décidé de participer et inscrit dans leurs comptes du premier semestre des réductions de valeur sur les obligations concernées. Dexia et KBC s’en sont tenus au minimum : des réductions respectives de 377 et 139 millions d’euros (21 % sur les titres venant à échéance avant 2021). Ageas a été plus loin : une réduction de valeur en fonction de la valeur du marché fin juin (58 %; 150 millions net). Au vu des récents développements, il semble que l’option d’Ageas était la plus réaliste et que Dexia et KBC devront acter de nouvelles réductions de valeur.

 

Conséquences

• En Belgique, c’est Dexia qui est le plus lourdement investi dans la dette grecque. En cas de nouvelle réduction de valeur, de l’ordre de 1,5 milliard (pour atteindre ainsi une réduction totale de 50 % de la valeur de son avoir en emprunts de l’Etat grec), ses fonds propres seraient rabotés de ±20 %. La direction a affirmé que Dexia pouvait se le permettre, mais nous craignons quant à nous que la banque se trouve alors à la limite du respect des exigences de solvabilité de Bâle III (et le marché exige en pratique plus encore que les minima imposés).
• Pour KBC, une réduction de valeur atteignant au total environ 50 % lui coûterait moins de 200 millions et l’impact sur ses fonds propres serait de moins de 2 %.
• Pour Ageas enfin, le problème serait assez limité et donc gérable. 
 

 

 

Secteur financier belge
(en milliard d’euros, au 30/06/2011)
 
Ageas
Dexia
KBC
Capitalisation boursière*
3,1
2,8
5,4
Fonds propres
7,5
6,9
11,5
Exposition à la dette grecque
1**
3,8
0,5

le 14/09/2011 ; ** le 19/08/2011, déduction faite des intérêts minoritaires.


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