Analyse
Hanzevast : la fin d’une aventure il y a 6 ans - mercredi 21 septembre 2011

L’armateur est au bord de la faillite.Son sort est entre les mains de la Rabobank. Une mauvaise nouvelle pour les détenteurs de certificats.

Problèmes de liquidités

C’est début mai 2008 que Hanzevast Carlsbrooke Shipping a vu le jour, avec comme objectif d’acheter, financer et exploiter deux bateaux : Eileen-C et Lisa-C. Des certificats cotés étaient alors émis pour permettre aux investisseurs de participer au revenu de l’exploitation des deux bateaux, voire au produit de leur revente. Mais leur lancement s’est fait à un très mauvais moment. Car en août 2008, les tarifs du fret se sont effondrés, suite à la crise générale et à de lourdes surcapacités dans le secteur. Depuis lors, ils ne sont pas parvenus à se reprendre. Au contraire, les tarifs ont encore baissé. Les certificats se sont donc retrouvés dans une position peu confortable. Sur les six premiers mois de 2011, les revenus ont chuté de 11,5 % par rapport à la même période un an plus tôt et se situaient ainsi à un niveau de 50 % inférieur à ce qu’avait annoncé le prospectus. Vu que les frais fixes sont assez élevés, la société ne dispose plus d’assez de liquidités pour payer ses intérêts hypothécaires et donc moins encore pour payer des dividendes. Le sort du certificat est dès lors à présent aux mains de l’institution financière néerlandaise Rabobank, qui détient les hypothèques.

 

Dénouement

Si Rabobank décide de tirer la prise, les bateaux devront être vendus.
Dans ce cas, il ne restera vraisemblablement plus rien pour les actionnaires. Certes, les prix du marché des bateaux sont un peu plus élevés que pendant la crise. Mais vu que c’est contraint et forcé que Hanzevast devra vendre, il ne retirera pas un bon prix de ses navires. Vendre les certificats dans l’espoir d’en retirer encore un petit quelque chose est donc sans doute impossible car leur liquidité est quasi nulle. Très rares seront ceux qui oseront encore parier sur l’avenir de Hanzevast. Ce dénouement fatal n’est pas vraiment une surprise. En mars 2008, nous avions déconseillé d’acheter les certificats. Et en septembre 2010, nous conseillions à ceux qui en auraient tout de même acheté, de s’en défaire au cours en vigueur à ce moment, soit 435 EUR (alors que la souscription s’était faite à 1 000 EUR !).

 

Partagez cet article