Analyse
Interdire les ventes à découvert : inefficace ! il y a 6 ans - jeudi 8 septembre 2011

Alors que les vacanciers prenaient du repos, les Bourses auront vécu un été particulièrement désastreux. Mais au-delà de la baisse importante des marchés, on a surtout assisté à une très forte augmentation de la volatilité des cours des actions.

Certes, une telle hausse est normale lorsque le marché doute quant à l’évolution économique à venir. L’endettement des Etats et leurs plans de rigueur, ainsi que les statistiques sur la croissance économique, ne rassurent pas. De plus, les faibles volumes de transactions pendant la période estivale donnent plus de poids aux ordres d’achat ou de vente des acteurs présents. Mais certaines pratiques amplifient et accélèrent ces mouvements financiers.

 

La plus courante est la vente à découvert qui permet à un investisseur de jouer la baisse d’un actif en le vendant sans le posséder et à le racheter, une fois la baisse réalisée (si elle se réalise), à un prix moindre. Les mouvements sont d’autant plus erratiques lorsque ces techniques de vente et rachat sont pratiquées de façon rapide et massive par des programmes informatiques. C’est pourquoi l’Autorité des Marchés Financiers, le gendarme boursier français, a interdit cette pratique pour les actions de certaines banques et assurances. D’autres places ont suivi (Italie, Espagne, Belgique). Certes, cette interdiction peut avoir son utilité sur une courte période quand le marché est en proie à des rumeurs, en réduisant les possibles abus de marché (manipulations de cours, délits d’initié, diffusion de fausses informations). Mais des études ont montré que cette interdiction n’a qu’un effet limité. Avec le risque que le cours des titres en question reste anormalement surévalué. Car elle ne règle pas le problème fondamental : la fragilité des banques exposées aux dettes des pays en difficulté. Et le signal envoyé au marché laisse à penser que la situation est grave, alimentant ainsi un sentiment de panique contre lequel on veut justement lutter.

 

Pour l’investisseur individuel, la vente à terme est une technique trop risquée pour être conseillée. En revanche, il est intéressant de profiter de ces périodes erratiques en achetant à bon prix des sociétés trop sanctionnées, selon nous, comme le groupe Bouygues.

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