Analyse
Les actions chinoises fuient Wall Street il y a 6 ans - mardi 27 septembre 2011

L’an passé, on a assisté à toute une série d’entrées d’actions chinoises sur la Bourse de New York. Et les investisseurs de se précipiter sur ces titres, qui ne pouvaient que monter… Mais un an plus tard, la réalité est tout autre. Les entreprises chinoises doivent souvent quitter Wall Street.

Exode

Les chiffres sont éloquents : cette année, pas moins de 26 sociétés chinoises ont quitté les trois principales Bourses américaines (New York Stock Exchange, Nasdaq et AMEX) et la liste s’allonge de jour en jour. C’est une rupture. Car au cours de la dernière décennie, ce sont des centaines de sociétés chinoises qui avaient décidé de tenter l’aventure américaine, accueillies d’ailleurs à bras ouvert par les Bourses de l’Oncle Sam et ses investisseurs, désireux de prendre leur part de l’énorme croissance qu’on attendait de l’Empire du milieu. Mais ce rush vers Wall Street a incité pas mal de sociétés à faire le pas, alors qu’une telle aventure n’était pas faite pour elles, et qu’elles prennent des libertés avec les règlements et les prescriptions légales.
Les autorités des trois grandes Bourses américaines se voient donc contraintes de congédier un certain nombre de sociétés. Les actions des sociétés concernées ne disparaissent pas pour autant du jour au lendemain des marchés américains. Elles se retrouvent sur des marchés moins réglementés, comme les Pink Sheets ou l’OTC Bulletin Board, pour lesquelles les exigences sont moins sévères. Les titres concernés sont donc toujours négociables et les investisseurs qui en possèdent ont encore l’occasion de les vendre.

 

Raisons diverses

Plusieurs raisons ont motivé ce retournement de situation.

 

Tout d’abord, les sociétés concernées ne satisfont plus aux exigences requises pour être cotées sur les grandes Bourses. Elles publient leurs résultats trop tard ou pas du tout (un bel exemple : le groupe AutoChina - ticker AUTC - qui n’a toujours pas publié son bilan 2010).

 

Ensuite, la comptabilité de nombre de sociétés chinoises étant mise en question, les procédures en justice s’accumulent et entraînent des suspensions de cotation. Pas étonnant alors de voir le cours des actions concernées s’effondrer. Lorsque le Nasdaq a annoncé le delisting d’AutoChina, la titre a perdu 30 %.

 

Troisièmement, pas mal d’actions chinoises cotent pendant une certaine période à moins de 1 USD, de sorte qu’elles ne sont plus reprises dans les tableaux de cotation. Depuis plus de 30 jours, c’est par exemple le cas de China CGame (ticker CCGM), qui ne satisfait donc plus aux exigences.

 

Enfin, un groupe croissant de sociétés chinoises estiment d’elles-mêmes qu’une cotation aux USA (et son coût) ne se justifie plus. Vu l’aversion au risque croissante du chef des investisseurs, elles n’arrivent plus à se financer suffisamment au travers de la Bourse; elles se montrent de plus assez déçues de l’effet marketing de leur cotation sur la place de New York.

 

Le bon grain de l’ivraie

Nous vous l’avons dit : ces précédentes années, l’offre d’actions chinoises sur Wall Street avait fortement augmenté. Les investisseurs se sont rués sur elles, pour la seule raison qu’elles étaient chinoises, sans se poser davantage de bonnes questions, tablant simplement sur le fait que toutes ces sociétés profiteraient tôt ou tard de la croissance chinoise.
A présent, on assiste à un sérieux nettoyage. Mais ce n’est finalement pas une mauvaise chose en soi. Au final, seules les entreprises de qualité résisteront.
De notre côté, petit à petit, nous avons aussi inclus des actions chinoises dans nos conseils. Pour l’heure, nous recommandons toujours l’achat de China Medical Technologies et de JinkoSolar.

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