Analyse
Secteur technologique : les fortunes s’y font et défont plus vite qu’ailleurs il y a 6 ans - jeudi 1 septembre 2011

La vérité d’un jour n’est pas toujours celle du lendemain.

Cet adage bien connu s’applique plus particulièrement aux sociétés actives dans le secteur technologique où les fortunes se font et se défont plus vite qu’ailleurs.
A côté du risque de marché, les acteurs du secteur doivent composer avec le risque de rupture technologique ou d’obsolescence de leurs produits, qui les oblige à sans cesse inventer de nouveaux produits en anticipant les besoins du marché. Et à ce petit jeu, les erreurs stratégiques sont légion et se paient cher. Les petites valeurs peu diversifiées sont particulièrement exposées à ce risque, mais les grosses capitalisations ne sont pas immunisées. Pensons au géant de la photographie argentique Kodak, qui a frôlé la faillite suite à l’arrivée de la photo numérique, une rupture technologique qu’il n’avait pas anticipée à sa juste valeur. Plus proche de nous, Nokia, ancien leader incontesté dans les téléphones portables, ne cesse de perdre des parts de marché par rapport à Apple, qui a révolutionné le secteur en 2007 avec son iPhone. Nokia n’a pas anticipé la prise de pouvoir des applications mobiles comme critère de choix pour les utilisateurs de smartphones. Pourquoi certains réussissent-ils mieux que d’autres ? C’est souvent la vision stratégique des dirigeants et/ou la qualité des équipes de recherche et développement qui font la différence.

 

Comment tenons-nous compte de ces éléments pour évaluer une société ? D’une part, en octroyant un degré de risque de minimum 3 sur une échelle de 5 aux sociétés qui risquent une rupture technologique importante. D’autre part, en attribuant un taux de croissance à long terme des dividendes plus élevé aux sociétés qui présentent un bon positionnement stratégique et/ou un management de qualité. Ainsi, nous pénalisons actuellement Nokia par rapport à son secteur alors que nous tablons pour Apple sur un taux de croissance supérieur.

 

Mais si nous pénalisons les valeurs de sociétés mal positionnées au sein de leur secteur ou ayant manqué un virage stratégique important, nous ne les éliminons pas pour autant de notre sélection. Souvent boudées, certaines de ces valeurs peuvent même représenter des opportunités d’investissement. A l’inverse, nous n’achetons pas forcément les sociétés bien positionnées. Tout est une question d’évaluation.

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