Analyse
Valeurs bancaires massacrées il y a 6 ans - mercredi 14 septembre 2011

En Bourse, les actions des institutions bancaires souffrent toujours énormément. Les Etats vont-ils encore devoir intervenir ?

Les banques souffrent en fait de trois gros problèmes: la solidité, l’accès aux liquidités et la qualité de leurs futurs résultats.

 

Solidité

Les banques sont-elles assez solides pour supporter un nouveau choc, tel qu’un défaut de paiement de la Grèce ? La plupart affirment détenir un matelas sécurité suffisant. Mais elles se basent pour cela sur des prévisions de rentabilité que nous jugeons un peu trop optimistes. Elles ne font pas l'hypothèse d'une crise économique de moyenne ampleur ni d'un nouveau trou d'air sur les marchés (par nature imprévisible).

Quant au plan de sauvetage de la Grèce, il prend un retard qui laisse peu de chance au pays d’atteindre ses engagements financiers. Beaucoup de banques ont encore dans leurs comptes de la dette grecque qui fera sans doute l’objet de nouvelles provisions ces prochains trimestres, affaiblissant ainsi la solidité des institutions.

Le risque d’augmentation de capital des banques les plus fragiles gagne donc en crédibilité. Mais vu la chute des cours, peu d’investisseurs privés seront tentés par l’aventure. Une recapitalisation publique serait alors l’ultime recours, pour les Etats les plus solides.

 

Liquidité

Sans liquidités, les banques ne peuvent plus travailler (octroi de crédits). Et pour l’heure, elles risquent d’en manquer, compte tenu du manque de confiance criant qu’on observe dans le secteur européen. Les banques hésient ainsi à se prêter de l'argent entre elles. Mais ce n'est pas la panique (la banque centrale peut toujours octroyer des facilités), mais cela n’augure pas un retour au calme.

 

Résultats à venir

Les résultats des entreprises bancaires pourraient ressembler peu à peu à ceux du secteur des services aux collectivités: faible croissance des revenus (suite au redimensionnement des activités les plus lucratives et au ralentissement des crédits dû à la faiblesse de la croissance économique) et développement bridé par la plus grande sévérité de la régulation.

Compte tenu de l’obligation de constituer des réserves (matelas de sécurité), les banques pourraient aussi ne plus distribuer aux actionnaires autant de cash que par le passé.

Les seuls moyens d’en sortir sont alors de réduire les coûts (c’est déjà commencé, avec les plans de réduction du personnel), ou d’envisager des fusions. Mais cette dernière possibilité pose la question des réactions nationalistes et de l'intérêt, pour l’actionnaire, de fusionner des banques en difficulté.

 

Notre conclusion est dès lors claire pour l’instant : ne vous aventurez pas à investir dans des actions de ce secteur !

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