Analyse
Banques : vers un (vrai) sauvetage ? il y a 6 ans - mardi 11 octobre 2011

Le secteur bancaire souffre d’une décote, mais les incertitudes nous incitent à la prudence.

   Conservez, mais n’achetez pas.

Un secteur toujours malade

La crise de la dette grecque a fait une première victime : Dexia. Incapable de se refinancer sur les marchés et de gérer son exposition aux dettes souveraines, le groupe franco-belge est démantelé. Aucune autre banque de notre sélection ne nous semble sur le point de s’écrouler, mais les difficultés se confirment pour elles aussi. Ainsi, sans surprise, Deutsche Bank réduit ses ambitions pour 2011, les profits des activités liées aux marchés étant en difficulté. UBS, dont l’évolution de l’activité déçoit, ne prévoit qu’un petit bénéfice trimestriel. D’autres présentent des faiblesses plus marquées encore. Ainsi, les françaises restent dépendantes du financement à court terme, moins abondant et plus cher avec la crise. Société Générale est la plus exposée. BNP Paribas est très exposée à l’Italie. En Espagne, le marché du refinancement pourrait aussi se fermer pour les banques régionales. Des faillites sont possibles, mais Santander ne court pas ce risque.

Petite lueur d’espoir ?

La recapitalisation du secteur, discutée dans les cénacles politiques, devra être importante pour restaurer la confiance. Des levées de fonds sous les 200 à 250 milliards d’euros risquent d’être insuffisantes pour protéger les banques en cas de fortes décotes sur les dettes souveraines. Une fois le secteur (bien) recapitalisé, un défaut sur la Grèce pourra être organisé. Des interventions publiques de recapitalisation mettront en danger les dividendes au moins jusque 2012. Nous en tenons compte dans nos estimations.

Conseil

Le secteur bancaire européen cote à ±0,6 fois les fonds propres (contre une moyenne historique de 1,4) et au même niveau que durant la crise de 2008. Nous jugeons que le secteur bancaire souffre d’une décote, mais les incertitudes sur l’ampleur et l’origine des levées de fonds nous conduisent à garder nos distances. Conservez, mais n’achetez pas. Les banques les plus fragiles ne sont pas (plus) en sélection Si vous êtes réfractaire au risque élevé, débarrassez-vous en.

 

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