Analyse
Dexia : ce qu'il reste aux actionnaires il y a 6 ans - vendredi 14 octobre 2011

A présent que le démantèlement est une réalité et que Dexia Banque Belgique est nationalisée, le brouillard persiste quant au sort de ce qui reste du groupe Dexia.

Seuls les spéculateurs conserveront le titre.
Pour les autres, le conseil est clair :
Vendez.

Ce qui reste aux mains des actionnaires est une bad bank, incluant un portefeuille d’obligations à liquider (±80 %), dont des obligations de l’Etat grec, et une somme de crédits toxiques (±20 %), soit ±90 milliards d’euros, financés par des prêts bénéficiant de la garantie des autorités belges, françaises et luxembourgeoises. En outre, selon nos estimations, Dexia possède des actifs pour 8 à 10 milliards d’euros destinés à être vendus (branches bancaires turque, luxembourgeoise, italienne et française, activité gestion d’actifs, prestataire de services pour institutionnels). Il faut enfin tenir compte d’un certain nombre de «pertes» liées à la bad bank : des moins-values sur crédits toxiques et sur les obligations (grecques!), ainsi que des frais liés à la garantie d’Etat. Des pertes difficiles à chiffrer, mais pouvant selon nous atteindre 4 à 5 milliards d’euros (montant qui restera longtemps encore un point d’interrogation et pourrait s’aggraver). Nous évaluons dès lors la valeur de Dexia (avec une large marge d’erreur) à 2 à 4 milliards d’euros, soit 1 à 2 EUR par action. Il n’y aura ni bonus ni dividende tant que Dexia bénéficiera des garanties d’Etat.

 

Cours au moment de l'analyse : 0,71 EUR

 

Dexia englobe ce qui subsiste du groupe franco-belge spécialisé dans le financement public. Après la nationalisation de l’activité bancaire et assurances en Belgique, il s’agit d’un portefeuille d’obligations (que le groupe est occupé à réduire), d’un portefeuille de crédits toxiques et de filiales bancaires et de services financiers qui seront vendues.

 

Partagez cet article