Analyse
Dexia : vers un démantèlement ? il y a 6 ans - mardi 4 octobre 2011

Les rumeurs vont bon train quant à l’avenir de Dexia. L’avenir du groupe franco-belge reste un grand point d’interrogation. Mais il semble clair que ses contours seront sérieusement redessinés.

 

Lundi matin, l’agence de notation Moody’s faisait savoir qu’elle procéderait sans doute à la révision à la baisse de la note qu’elle accorde à Dexia. Cette nouvelle, associée à de nombreuses rumeurs circulant sur internet, a donné une nouvelle gifle au cours de Dexia. Dans la journée, le ministre luxembourgeois des Finances faisait savoir que, comme en 2008, les autorités belges, françaises et luxembourgeoises étaient prêtes à faire le nécessaire pour maintenir la confiance de la clientèle et du personnel. Lundi soir, le conseil d’administration s’est réuni en urgence. Une communication lancée ensuite a précisé officiellement que, en accord avec les Etats et les autorités de contrôle, les mesures nécessaires seraient préparées pour trouver une solution aux problèmes structurels qui pèsent sur l’activité opérationnelle du groupe et pour offrir de nouvelles perspectives de croissance aux activités commerciales historiques en France et en Belgique. Une communication assez maigre et peu convaincante. La crainte d’une nouvelle affaire Fortis a fait plonger le cours mardi matin de plus de 30 %.

Certaines sources évoquent un démantèlement du groupe, pour séparer le bon grain de l’ivraie, et vendre certaines entités. Mais aucun scénario concret et définitif n’existe pour l’instant.

Les liquidités de Dexia suscitent de plus en plus de questions (certaines banques voudraient fermer la vanne du crédit). Une chose reste néanmoins sûre : lundi soir, Dexia n’avait pas encore fait appel au crédit d’urgence de la Banque Nationale.


CONSEQUENCES POSSIBLES

Pour les actionnaires de Dexia

Les conséquences possibles d’un démantèlement de Dexia sur l’action du groupe sont peu claires. Une nationalisation (avec « expropriation » des actionnaires) ne semble pas à exclure (de nouvelles dispositions légales rendent la chose possible en Belgique). Une perte totale est donc possible. Nous confirmons donc notre conseil. Si vous ne l’avez pas encore fait, VENDEZ.

Pour les détenteurs d’obligations Dexia

Pour l’instant rien ne laisse supposer que des obligations ne seraient pas remboursées ou des coupons non payés. Si toutefois cela devait arriver, cela rendrait les choses un peu plus difficiles. Tout dépendra de l’identité exacte de l’émetteur (quelle entité précisément ?) et des solutions proposées pour l’éventuel demantèlement. Par prudence, tant que les cours des obligations Dexia restent proches des prix de remboursement, nous tenterions de nous en débarrasser.

Pour l’épargnant

L’épargne, les dépôts et les bons de caisse (en comptes-titres) des particuliers restent garantis jusqu’à 100 000 euros (voir notre dossier Sécurité des avoirs). Il n’est en outre pas exclu que, comme en 2008, les autorités belges s’engagent à garantir les sommes dépassant cette limite. Mais pour jouer la sécurité, mieux vaut limiter ses dépôts au plafond de 100 000 euros.

Pour l’investisseur (autres titres)

En principe, aucune conséquence. Les avoirs déposés en compte-titres chez Dexia restent la propriété du client, quoi qu’il arrive. En cas de pratiques irrégulières, la garantie de remboursement se limite à 20 000 euros par personne (voir notre dossier Sécurité des avoirs).

Pour les prêts hypothécaires

Aucune conséquence (voir notre dossier Sécurité des avoirs).

Pour le contribuable

Il n’est pas exclu que l’Etat belge doive intervenir pour sauver Dexia, soit en octroyant des crédits ou de nouveaux capitaux, soit par la reprise ou la garantie des crédits toxiques (création d’une bad bank), soit, dans le pire des cas, par le remboursement des montants garantis aux particuliers (100 000 euros). D’une manière comme d’une autre, cela grossira la dette de l’Etat, cela pourra réduire son rating, et cela forcera l’Etat à payer des intérêts plus élevés sur sa dette, ce qui aura un impact sur les dépenses de l’Etat. Une participation indirecte du contribuable semble donc aussi inévitable.

 

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