Analyse
Investir aux USA ? Yes, you can ! il y a 5 ans - mercredi 19 octobre 2011

La période difficile que traverse l’économie américaine ne doit pas tenir l’investisseur à l’écart des actions locales. Les entreprises gardent encore de sérieux atouts sur la scène mondiale et leur attractivité s’est renforcée avec la correction des marchés. Le point sur les actions américaines de notre sélection.

Une économie fragile

La faible reprise économique qui pré-valait en début d’année aux Etats-Unis a plié sous le poids du chômage qui atteint maintenant 9,1 % de la population active, soit près du double d’avant la crise. Les plans de relance de l’administration Obama n’ont pas permis de réamorcer la machine économique. Les emplois créés ces dernières années ont été très faibles, résultat d’une activité économique et d’une demande intérieure peu dynamiques. Autre facteur pénalisant la consommation et la croissance économique : la moindre disponibilité que par le passé du crédit, pour cause de crise financière et de plus grande prudence des banques. Pas de grand soutien non plus du côté du marché immobilier, dont les prix baissent encore (-4,1 % en juillet par rapport à 2010). Cette source de crédit pour les Américains (nouvelles hypothèques sur des biens dont les prix augmentaient régulièrement) s’est tarie. La croissance économique sera donc assez faible les prochaines années. Nos prévisions de croissance du PIB, conservatrices depuis de nombreux mois, ont été légèrement réduites début octobre : +1,5 % en 2012 et +2 % en 2013.

 

Une Bourse bon marché

Mais bien que blessée, l’économie US reste compétitive et capable d’innover. Le potentiel de croissance à long terme de l’économie américaine demeure donc plus élevé qu’en Europe. De plus, le marché américain est moins volatil que l’européen. Enfin, le dollar reste légèrement sous-évalué par rapport à l’euro. Les actions US sont donc meilleur marché que les européennes.

 

Les Etats-Unis creusent l’écart

En dépit des difficultés économiques, le marché américain a mieux résisté que l’européen à la tempête des der-niers mois. Depuis le 1er janvier, le marché US a reculé de 6,7 % (en EUR) contre une baisse de 12,8 % pour le Stoxx Europe 50. La crise est avant tout européenne. La perte par les Etats-Unis de leur notation AAA n’a pas d’impact économique, les taux d’intérêt étant demeurés stables. Par contre, les difficultés des Européens à se mettre d’accord sur un plan de sortie de crise et de sauvetage des banques pèsent lourd sur le moral des investisseurs qui se méfient des placements risqués. C’est précisément la perspective d’une solution coor-donnée en Europe d’aide aux banques qui nourrit l’actuel rebond boursier.

 

Des changements de conseil

Depuis notre dernière analyse sur les actions américaines, en février 2011, nous avons ramené les conseils d’acheter à conserver sur Nasdaq OMX, Teleflex et Kraft, bien que les résultats semestriels aient été bons. La sous-évaluation de leur cours a en effet disparu. Les conséquences du projet de scission de l’activité de Kraft nous semblent nébuleuses. La vulnérabilité des compagnies aériennes américaines au ralentissement de l’économie du pays (rumeurs de faillite d’American Airlines) nous a aussi conduit à ne plus acheter Republic Airways, malgré sa sous-évaluation. Conservez, tout en ayant conscience du degré de risque élevé : 5.

 

Les nouveaux venus

Le recul des marchés US nous a permis d’enrichir notre sélection d’actions sous-valorisées. TriQuint profitera de la hausse de la demande mondiale en semi-conducteurs à destination des smartphones (iPhone) et tablettes (iPad). Sur le marché des pièces et composants pour avions, Spirit Aerosystems est bien placé pour tirer parti du renouvellement de la flotte en Occident et de son accroissement dans les pays émergents. Sur le marché des biens de consommation, nous apprécions le profil défensif de Kimberly-Clark, ainsi que sa politique envers ses actionnaires (rendement brut du dividende de 3,9 %).

 

Quelles actions, et pour qui ?

Nous continuons à privilégier les valeurs défensives, capables de mieux résister à la décélération des économies. En cas de choc économique (en Occident ou dans les pays émergents), ces sociétés sont plus à même de défendre leur rentabilité et de distribuer un bon dividende. Outre Kimberly-Clark, nous conseillons Abbot Laboratories, AT&T, Exelon et Chevron.

 

Les valeurs technologiques restent peu représentées dans notre sélection compte tenu de leur cherté. Outre TriQuint, limitez vos achats à CSC et Intel.

 

Les valeurs dont le sort est lié à la conjoncture mondiale ont récemment perdu des plumes. Mais le pessimisme les entourant est exagéré. Achetez BlackRock, General Electric, US Ecology, Time Warner et Seaspan.

 

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