Analyse
Nordex : du vent en portefeuille ? il y a 6 ans - jeudi 3 novembre 2011

Depuis le 1er janvier 2008, l’action Nordex a perdu près de 90 % de sa valeur. Le marché ne semble plus croire dans la capacité du groupe à rebondir. Une méfiance justifiée ?

Les raisons de la baisse

Fondée en 1985, Nordex est un groupe allemand spécialisé dans l’assemblage des aérogénérateurs et turbines à destination de la production d’énergie éolienne. Depuis plusieurs années déjà, Nordex perd des parts de marché au profit des concurrents asiatiques, mais aussi au n°1 mondial du secteur, Vestas Wind Systems. Cette perte de compétitivité semble être liée à l’incapacité du groupe à se distinguer sur le plan technologique. Nordex a également tardé à se développer sur le marché off-shore, nouvelle niche de croissance pour l’énergie éolienne. Résultat : dans un marché de plus en plus compétitif, il ne parvient plus à défendre ses marges. Cet exercice est d’autant plus difficile que le taux d’utilisation de ses capacités de production est tombé à des niveaux historiquement bas (moins de 30 %). Ainsi, 2011 devrait se solder par des pertes.

 

Des perspectives incertaines

La perspective de pertes pour cette année contraint la direction à annoncer un plan d’économies, qui devrait permettre au groupe de renverser la vapeur en 2012. Mais si, dans un premier temps, Nordex peut renouer avec la rentabilité, la situation risque de s’enliser à nouveau par la suite. En effet, les perspectives du marché de l’énergie éolienne sont incertaines. D’une part, minées par leurs propres problèmes, les banques se montrent réservées dans le financement des projets à risque. D’autre part, la crise de la dette souveraine oblige les Etats et leurs gouvernements à changer leurs priorités en matière de développement des énergies propres. Quand les caisses sont vides, l’environnement attendra !

 

Notre conseil

Le cas de Nordex n’incite guère à l’optimisme : des pertes, un secteur en surcapacité qui mène à une guerre des prix sans merci, une baisse structurelle des aides gouvernementales et un endettement qui continue de grimper… Certes, le plan de réduction des coûts apportera une bouffée d’oxygène, mais selon nous, le rebond des bénéfices sera limité et temporaire. Même après la chute vertigineuse du cours, l’action reste chère. Si vous l’avez en portefeuille, nous vous conseillons de la vendre. Sinon, restez à l’écart.

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