Analyse
Succès éphémère pour les IPO aux Etats-Unis il y a 5 ans - mercredi 16 novembre 2011

Sur les 25 IPO américaines ayant affiché les gains les plus importants lors de leur première journée en 2010 et 2011, vingt sont déjà retombées depuis sous leur cours d’ouverture.

IPO est l’abréviation de Initial Public Offering et est généralement utilisée dans les milieux boursiers anglo-saxons pour parler d’une introduction en Bourse d’une société (la première fois que les actions sont proposées aux actionnaires).

Essoufflement rapide

Le vendredi 4 novembre, le désormais célèbre site Groupon (ticker GRPN), qui propose des prix avantageux grâce à des achats groupés, a fait une entrée en Bourse remarquée en ouvrant à 28 USD, pour un cours d’introduction fixé à 20 USD. Il n’a toutefois pas pu maintenir le momentum de la journée d’ouverture bien longtemps et est déjà retombé à 23,50 USD depuis.

Et c’est là que le bât blesse. Sur les 25 IPO américaines ayant affiché la plus grande différence entre le prix d’introduction et le cours d’ouverture en 2010 et 2011, 20 sont déjà repassées depuis en dessous de ce cours d’ouverture. Ces IPO cotent ainsi en moyenne 31 % en dessous de leur prix d’ouverture et 9 ont même déjà perdu 50 % de leur valeur à l’ouverture !

Cette tendance est du reste relativement généralisée puisque sur les 333 IPO qui ont eu lieu aux Etats-Unis en 2010-2011, 7,7 % ont ouvert en moyenne au-dessus de leur prix d’introduction, mais cotent aujourd’hui 11,1 % en dessous en moyenne. Même LinkedIn, un autre site internet pourtant très populaire, ne cote qu’aux alentours de son niveau d’ouverture six mois plus tard.

Pourquoi ce recul ?

La principale raison est sans aucun doute à chercher dans le fait que les investisseurs qui ont raté le train et n’ont pas pu obtenir d’actions lors de la période d’introduction décident d’acheter durant la première journée de cotation, d’où une demande plus forte que l’offre (seule une minorité est prête à vendre directement ses actions le premier jour de négociation).

 

Plus fort encore, certaines sociétés vont jusqu’à créer volontairement de la pénurie en ne plaçant qu’un paquet limité d’actions sur le marché. Groupon, par exemple, n’a proposé que 4,7 % de ses actions en circulation au public. Soit le pourcentage le plus faible de ces dix dernières années !

Mais d’autres raisons, moins évidentes, jouent aussi un rôle. Les banques d’affaires qui organisent tout le processus d’introduction en échange d’une solide rémunération ont ainsi aussi leur influence. Elles font par exemple beaucoup de publicité auprès de leurs clients et intègrent elles-mêmes les actions dans une partie de leur portefeuille pour éviter tout d’abord que l’introduction ne soit un flop et pour disposer ensuite ainsi d’un argument de vente supplémentaire pour obtenir de nouvelles IPO.

 

Enfin, la demande pour de nouvelles actions est aussi relativement élevée en raison du peu de sang neuf en Bourse.

Restez à l’écart

Acheter une nouvelle action juste après son introduction représente rarement une stratégie très payante. Mieux vaut attendre que la première vague d’achats soit passée, surtout pour les sociétés qui se trouvent au cœur d’un hype, comme de nombreuses sociétés liées à internet, style Groupon ou LinkedIn. La plupart de ces actions sont du reste souvent trop chères et n’entrent en aucun cas en ligne de compte pour une intégration dans notre portefeuille.

 

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