Analyse
La Bourse belge en 2011 il y a 6 ans - lundi 26 décembre 2011

En 2010, Bruxelles avait souffert de la trop faible présence sur sa cote de valeurs cycliques (qui avaient regagné du terrain). Mais en 2011, hélas, cette faible exposition ne lui a pas servi.

Rendements en EUR, calculés du 31/12/2010 au 22/12/2011, tenant compte des dividendes versés dans l’intervalle et réinvestis.

 

Bruxelles dans la moyenne

En 2011, les poids lourds d’Euronext Bruxelles se sont moins bien comportés que la moyenne de leur secteur, confirmant ainsi notre évaluation du début de l’année : la Bourse belge était trop chère. Nous conseillions alors de vendre la moitié des membres du Bel20.
Sur 2011, la performance du Bel20 est négative (-17,8 %). C’est conforme à la moyenne des Bourses de la zone euro
(-16 %), mais nettement moins bien que la moyenne mondiale (-7,7 %), laquelle a été dopée par le marché américain (+3,3 % en EUR).

 

Les financières rempilent

En 2011, certaines cycliques du Bel20 ont signé de piètres performances : Bekaert (-70 %) n’a pas été capable de maintenir ses marges (nous le craignions depuis l’été 2010), Nyrstar (-34,4 %) a subi des contretemps dans sa montée en puissance dans les mines, Solvay (-18,9 %) et Umicore (-17,9 %), trop chères il n’y pas si longtemps, ont subi d’inévitables corrections.

 

A part cela, ce sont les financières qui ont encore affiché les pires performances. Elles ne représentent plus que 9 % de la capitalisation boursière belge (contre 35 % il y a 5 ans). Ageas (-27,8 %) a suivi la tendance du secteur en Europe
(-21,4 %) mais Dexia (-87,4 %) et KBC (-60,3 %), toujours dépendants des aides d’Etat, ont sombré sous le poids de leur exposition aux dettes souveraines et de leur difficulté à céder leur actifs (pour répondre aux exigences européennes et réglementaires). La fragilité du business model de Dexia a eu raison de sa structure, avec à la clé la nationalisation de la banque belge. Pour l’avenir, vu l’incertitude persistante sur les bilans (crise des dettes souveraines) et l’impact qu’auront sur la rentabilité les nouvelles mesures réglementaires (Bâle III, exigences de l’EBA, nouvelles taxes…), nous évitons toujours le secteur bancaire.

 

Les défensives déçoivent

Les valeurs défensives n’ont pas brillé non plus. Certes ABInBev a gagné 7,7 % et Omega Pharma n’a cédé que 1 %, soutenu par l’OPA du fondateur. Mais Delhaize (-20 %) a été plombé par la faiblesse du dollar et Colruyt (-23 %) est pour la première fois privé de croissance bénéficiaire. Belgacom (-0,7 %), menacé par la montée de la concurrence, et Telenet (+11 %), toujours trop généreux avec ses actionnaires, s’en sortent plutôt bien. Mais Mobistar (-14,3 %), quasi exclusivement actif en mobilophonie, ne peut faire des offres triple ou quadruple play et souffre ainsi d’autant plus des baisses de tarifs réglementaires imposées. Enfin GDF Suez (-19,7 %) n’a pas échappé à la morosité du secteur des utilities (-18,7 %), pénalisé par des endettements élevés, la crise du nucléaire, la pression régulatoire et fiscale et le faible prix du gaz.

 

Rattrapés par la conjoncture

Les entreprises en difficulté qui ont mis tout en œuvre pour se redresser ces dernières années n’ont pas été récompensées. Deceuninck (-61,2 %) et Agfa (-64,4 %), malgré leur impressionnante restructuration, ont été rattrapés par la conjoncture. Picanol (-5,5 %), au bord de la faillite en 2009 et dont le cours a explosé en 2010, a été rattrapé en 2011 par des perspectives moroses pour 2012.

 

Deux grands titres dans le vert

Parmi les grandes capitalisations de Bruxelles, seules ABInBev (+7,7 %) et UCB (+25,8 %) clôturent en hausse. ABInBev a profité du caractère défensif de son secteur, de la poursuite de son désendettement et des performances des pays émergents. UCB a attiré les investisseurs avec de nouveaux produits (Cimzia, Vimpat, Neupro) et l’espoir (hypothétique) de succès de molécules en développement.
Seul Fluxys (+28,8 %), en attente des nouveaux tarifs du régulateur, fait mieux.

 

Les autres actions qui terminent dans le vert sont de capitalisation plus modeste : Kinepolis a gagné 8,8 %, grâce à son marketing efficace et une réduction de capital, Brederode (qui accuse toujours une décote exagérée de 36 %) a gagné 3 % et Exmar (qui ne reflète pas le rebond des tarifs de transport de gaz) a pris 13,7 %.

 

Et l’immobilier ?

Les deux plus grosses sicafi, Cofinimmo (-3,8 %) et Befimmo (-12,3 %) ont accusé le coup, plombées par leur exposition au marché des bureaux, en déprime cette année (pression sur les loyers, vide locatif en hausse). Le secteur résidentiel (dont les rendements attirent de plus en plus les promoteurs, qui se détournent des bureaux) a quant à lui signé de belles performances : Serviceflats Invest a gagné 9,7 %, Home Invest Belgium 7,2 % et Aedifica 9,2 %.

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