Analyse
Quels secteurs privilégier en 2012 ? il y a 6 ans - mercredi 28 décembre 2011

Fin 2010, alors que la crise des dettes souveraines menaçait, nous vous conseillions de privilégier les secteurs sous-évalués et défensifs. A l’heure du bilan, notre choix n’a pas démérité. Et à la lumière de 2011, que prévoir pour 2012 ?

Les meilleurs secteurs

En 2011, les secteurs défensifs ont été plus performants que les indices européens ou américains. Le poids du dividende dans le rendement n’est pas étranger à ce résultat.

 

Rendements en EUR, calculés du 31/12/2010 au 22/12/2011, tenant compte des dividendes versés dans l’intervalle et réinvestis; rendements sectoriels au niveau mondial.

 

Pharmacie : +12,8 %

Une belle performance, en dépit de la concurrence des génériques et des politiques de rigueur aux USA et en Europe. En 2012, cette rigueur va se poursuivre. Et d’importantes pertes de brevet sont attendues, e.a. chez Pfizer (+32,2 %) et Eli Lilly (+28,2 %). Le secteur s’enorgueillit de bilans sains, qui permettent de beaux dividendes et de racheter des actions. Il bénéficie en outre d’un contexte porteur : croissance et vieillissement de la population, accès aux soins de santé dans les pays émergents, dynamisme du marché des vaccins… Les difficultés actuelles des acteurs pour renouveler leur portefeuille de médicaments sont généralement intégrées dans les cours. Le secteur garde une place de choix dans notre stratégie.

Achetez Abbott Laboratories (+23,8 %) et GlaxoSmithKline (+26,4%).

 

Télécom : +1,9 %

Le secteur termine 2011 sur la deuxième marche du podium, malgré les obstacles (difficultés à faire croître les bénéfices dans les marchés matures, poids de la réglementation). Mais il est capable de résister au ralentissement économique de 2012, de générer des liquidités, de fidéliser sa clientèle et d’encore distribuer un dividende élevé. Belgacom a perdu 0,7 % tandis que Telefonica Brasil a gagné 28,6 %.

Achetez de préférence Telefónica (-16,1 %) et Vodafone (-16,2 %).

 

Biens de consommation : +0,0 %

Les bons résultats y sont récurrents. Dans le luxe, la croissance a été robuste, e.a. grâce aux pays émergents, mais les actions sont chères.

Aux amateurs de risque faible, nous conseillons deux actions que nous suivons depuis quelques mois : Kimberly-Clark (+23,8 %) et Reckitt Benckiser (-5,4 %).

 

Pétrole : -1,9 %

Les soulèvements au Moyen Orient et en Afrique du Nord n’ont pas perturbé longtemps les approvisionnements. Le prix élevé du baril permet de toujours générer de copieuses liquidités. Le secteur reste bon marché et généreux avec l’actionnaire : les sociétés rachètent leurs actions et distribuent 40 à 45 % de leurs profits.

Notre préférence va à Chevron (+23,4 %) et Royal Dutch Shell (+17,9 %).

 

Les secteurs à la peine

Valeurs bancaires : -21,4 %

Le climat s’est montré de plus en plus hostile : crise de la dette souveraine, ralentissement économique, durcissement réglementaire... Dexia (-87,4 %) et KBC (-60,3 %) ont payé.
Ne conservez les valeurs bancaires que si vous acceptez un haut risque. Pour le secteur de l’assurance (-10,2 %), nous sommes plus positifs.

 

Sidérurgie :-33,8 %

La chute de la demande et des prix de l’acier a pesé. La sanction sur ArcelorMittal (-46,4 %) est trop forte, vu ses efforts pour défendre les marges; sa situation est meilleure qu’en 2008.

Vous pouvez acheter ArcelorMittal.

 

Service aux collectivités : -18,7 %

Le secteur déçoit. Endetté, il souffre d’un cadre législatif de plus en plus contraignant (hausses de tarifs limitées, freins au développement…). E.ON (-22,6 %) a payé l’annonce de la sortie allemande du nucléaire.

Nos favorites dans le secteur sont Veolia Environnement (-60,7%, qui a souffert de frais financiers trop élevés par rapport à ses revenus sous pression), Sabesp (+15,1 %, qui ne s’en tire pas mal mais reste dépendant des décisions des autorités brésiliennes), GDF Suez (-19,7 %, moins endetté que la moyenne du secteur) et National Grid (+19,2 %).

 

Automobile : -14 %

La chute traduit le pessimisme attendu en 2012. Le marché européen devrait à nouveau fléchir et les pays émergents, jusqu'ici relais de croissance, montrent des signes de ralentissement. Sans craindre une crise aussi brutale qu’en 2008, nous considérons que le secteur n’est pas sous évalué en Bourse.

Seule l’action Peugeot (-54,2 %), trop sanctionnée, est digne d’achat.

 

Mines : -24,4 %

Après un bon début, le secteur a été rattrapé par les craintes sur la demande chinoise. Les prix des matières premières subissent une baisse modérée, mais l’optimisme qui prévalait il y a un an fait place à la prudence. Amerigo Ressources (-56,7 %) et Aditya Birla (-45 %) ont subi la crainte de voir leurs marges s’effondrer avec les prix. Leur chute est exagérée car ils adaptent leur production à la demande (limitant ainsi l’impact de la baisse des prix).

L’action du belge Nyrstar (-34,4 %), de plus en plus présent dans les mines peut être achetée.

 

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