Analyse
Secteur pharmaceutique : la fin d’un modèle il y a 6 ans - jeudi 22 décembre 2011

La disparition du brevet du Lipitor, anti-cholestérol vedette de Pfizer, est le symbole de la fin d’une époque pour l’industrie pharmaceutique.

Récemment, le géant pharmaceutique Pfizer a vu le brevet de son anticholestérol vedette Lipitor tomber dans le domaine public. L’Américain a déjà fourbi ses armes pour défendre son produit, le médicament sur prescription le plus vendu au monde, avec un chiffre d’affaires de 10,7 milliards de dollars en 2010. Il a ainsi passé des accords avec des fabricants de génériques, des pharmacies et des assurances santé pour tenter de conserver un maximum de parts de marché. Mais le combat est perdu d’avance et ne fera que retarder l’inéluctable, à savoir la perte à terme d’au moins 75 % des ventes issues du Lipitor.

 

Au-delà des pertes financières pour Pfizer, la disparition du brevet du Lipitor est surtout le symbole de la fin d’une époque pour l’industrie pharmaceutique. Car, durant de nombreuses années, la croissance du secteur était obtenue grâce au succès de quelques blockbusters – ces médicaments dont les ventes dépassent le milliard de dollars – administrés à un très grand nombre de patients. Mais avec l’arrivée de la concurrence des génériques et la productivité faiblarde de la recherche, les grands labos n’ont eu d’autre choix que de se remettre en cause. Et force est de constater que le secteur s’applique depuis quelques années une thérapie de choc : fortes réductions des coûts, diversification géographique (pays émergents) et des sources de revenus (vaccins, produits en vente libre, santé animale, ophtalmologie…), réorganisation et externalisation de la recherche (rachats, partenariats) pour la rendre plus productive et la recentrer vers des maladies graves et invalidantes (cancers, neurologie…) et enfin personnalisation des traitements grâce à la génétique et aux diagnostics.

 

Ce changement d’époque pour l’industrie pharmaceutique a déjà été anticipé par la Bourse. C’est pourquoi, depuis une dizaine d’années, le rendement de l’actionnaire est surtout constitué par les dividendes, tandis que les cours stagnent. Aujourd’hui, les difficultés de la recherche nous semblent globalement intégrées dans les cours des actions et le secteur profite de son caractère défensif dans un contexte économique tendu.

 

Dans le secteur, vous pouvez acheter les actions Abbott Laboratories et GlaxoSmithKline.

 

Pour une exposition globale au secteur, privilégiez le tracker SPDR MSCI Europe Health Care
(code ISIN : FR0000001737).

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