Analyse
Pourquoi des rachats d’actions propres ? il y a 5 ans - jeudi 19 janvier 2012

Dans nos analyses d’actions, nous évoquons très souvent les rachats d’actions propres. L’an passé, de très nombreuses sociétés ont procédé au rachat de grandes quantités de leurs actions. Pourquoi? Et que font-elles de ces actions ?

Très actives

Au cours de l’année 2011, un peu partout dans le monde, beaucoup de sociétés se sont montrées très actives dans le rachat des actions propres. Les exemples sont très nombreux. Pour n’en citer que quelques-uns, évoquons les géants américains technologiques IBM et Cisco qui ont racheté pour des milliards de dollars d’actions propres, ou encore le français Bouygues qui a lancé il y a deux mois un programme pour le rachat de pas moins de 11,7 % de ses propres actions. Chez nous aussi, plusieurs sociétés se sont lancées dans l’aventure. C’est le cas d’Ageas, de Colruyt, Nyrstar ou encore Softimat.

 

Cours trop faible ou trop de cash

En lançant un programme de rachat d’actions propres, l’objectif de pas mal de sociétés est de lancer un signal. Elles communiquent de la sorte qu’elles estiment que le cours de leur action est trop faible. Ce n’est pas illogique. Car les sociétés elles-mêmes sont forcément particulièrement bien placées pour évaluer la valeur de leurs titres et la qualité des perspectives.

 

Il arrive aussi que les sociétés rachètent leurs propres actions parce qu’elles ont en caisse une montagne de liquidités dont elles ne savent trop que faire. C’est notamment le cas de sociétés qui, face à l’incertitude qui règne ces dernières années, ont drastiquement réduit leurs coûts et sérieusement limité leurs investissements.

 

Détruire ou acquérir

Dans la plupart des cas, les actions rachetées par la société même qui les a émises sont ensuite détruites. De la sorte, le nombre total d’actions en circulation diminue et, en conséquence, le bénéfice par action augmente. Par cette hausse mécanique du bénéfice par action, le but de la société est d’attirer davantage d’investisseurs et de faire remonter le cours de son action. C’est aussi un moyen pour l’entreprise de restituer de l’argent à ses actionnaires, en plus ou en lieu et place du dividende, et sans que l’actionnaire subisse une retenue fiscale sur cette distribution.

 

D’autres sociétés conservent leurs propres actions pour les utiliser comme moyen de paiement pour l’acquisition d’une entreprise ou d’une participation dans un groupe.

 

Une bonne affaire ?

Bien que l’annonce d’un programme de rachat d’actions soit habituellement accueilli comme une bonne nouvelle, l’opération ne conduit pas nécessairement à une hausse de cours. Tout dépend de quand ces rachats ont lieu et pourquoi. Si le but est de contrecarrer l’effet d’une mauvaise nouvelle qui a fait chuter le cours, le rachat d’actions risque bien de ne pas atteindre son but.

 

Une entreprise qui dépense ses liquidités pour racheter de propres actions se prive aussi de moyens pour autre chose (notamment pour investir), elle réduit ses fonds propres et augmente ainsi le niveau de risque lié à sa santé financière.

 

Si, en revanche, la société est intimement convaincue que le cours de son action est réellement trop peu élevé et qu’elle jouit d’une force financière qui lui permet de racheter des actions sans se mettre d’aucune manière en péril, alors le rachat d’actions est bel et bien un signal fort. Souvent, le marché ne s’y trompe pas et la hausse de cours est alors effectivement au rendez-vous.

 

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