Analyse
Le point sur nos conseils audacieux il y a 5 ans - mercredi 22 février 2012

Les actions réservées aux investisseurs hardis ont profité du recul de l’aversion au risque sur les marchés pour reprendre des couleurs depuis octobre.

Certaines demeurent cependant encore loin des niveaux de cours auxquels nous les avons conseillées. La plupart restent à l’achat si vous en acceptez le risque élevé.


Retour en grâce des actions

A défaut d’avoir réglé la crise de la dette en Europe, les mesures prises ces derniers mois par les diverses autorités ont permis de rassurer les marchés et de réduire ainsi la volatilité des Bourses. Les investisseurs sont à nouveau prêts à prendre plus de risques. L’assouplissement monétaire orchestré par la BCE et la Fed – qui mettent à disposition des institutions bancaires des quantités illimitées de cash – a fait reculer le risque lié aux banques depuis de nombreux mois. Mais si les autorités se donnent du temps pour développer les mécanismes évitant la contagion de la crise grecque aux autres économies, nous restons loin de la sortie de crise.

Délaissées une grande partie de 2011, les valeurs les plus risquées de notre sélection ont largement profité du courant acheteur de ces dernières semaines. Elles ont ainsi corrigé une partie de l’excès de pessimisme, à l’image des assureurs Aegon (+30,2 %), Zurich Financial Services (+21,7 %) et Axa (+24,3 %). A 10,70 USD, la banque Santander Brasil (+46 %), que nous suivons depuis mai 2011, a remonté la pente, de concert avec sa maison mère Santander. Une meilleure situation financière pour cette dernière est de nature à réduire le risque de transfert de cash au détriment des actionnaires du brésilien. Plus largement, ce sont les valeurs brésiliennes de notre sélection qui ont grimpé, comme Sabesp (+61,7 %) dans le traitement des eaux. Telefónica Brasil (ex Telesp) a gagné 12,6 %, malgré la stabilité du secteur (défensif) des télécoms.

Les indicateurs économiques américains pointant une amélioration de l’économie ont joué en faveur de Seaspan (+33 %), une de nos valeurs cycliques favorites, dans la location de porte-conteneurs, et de TriQuint (+30 %, à l’achat depuis mai 2011) dans les semi-conducteurs. Preuve que la Bourse fonctionne beaucoup par anticipation, elle a fait peu de cas des perspectives médiocres affichées par TriQuint pour le trimestre en cours, reportant ses espoirs sur une reprise courant 2012. Nous conservons le risque 4 au regard de la volatilité des marges. Dans la construction, le spécialiste belge des châssis en PVC Deceuninck (-21,3 %) – qui a rassuré avec des résultats 2011 dans le vert –, pourrait aussi enfin profiter d’un meilleur climat aux Etats-Unis, où il réalise encore 10 % de ses ventes

Le repositionnement stratégique du belge Nyrstar (+11,7 %) sur les mines de zinc, deux à trois fois plus rentables que ses activités initiales de fonderies, laisse augurer une croissance bénéficiaire spectaculaire pour les années à venir. Les investisseurs semblent en prendre conscience. Le cours a aussi été récemment dopé par un regain d’activité dans les fusions et acquisitions au sein du secteur.

A l’achat depuis juin 2011, le groupe minier australien Aditya Birla Minerals (-13,8 %) n’a par contre pas profité de l’appétit pour le risque. L’actuelle remontée des prix du cuivre n’est répercutée sur ses prix de vente qu’avec un décalage. Sa dépendance à un seul client justifie un risque de 4.

Changement de risque

Le niveau de risque d’une action évolue en fonction de la vie de la société. Nous avons ainsi réduit de 4 à 3 le degré de risque de Zurich Financial Services et d’Axa après que les deux assureurs ont annoncé des bilans suffisamment solides que pour résister à la crise de la dette.

Baisse du risque de même ampleur sur le Nasdaq OMX (+15,9 %), vu la probabilité moindre d’un rachat de grande envergure. Le risque a aussi baissé sur Teleflex (+17 %) après que le groupe est parvenu à résoudre les problèmes liés à l’acquisition d’Arrow (30 % de l’activité) en 2007. Ces deux actions ne sont plus dans notre liste d’achat, mais vous pouvez conserver.

Veolia Environnement (-13,4 %) a annoncé une profonde restructuration visant à améliorer sa rentabilité, en baisse depuis plusieurs années. Le groupe doit impérativement réduire sa lourde dette d’ici 2012. Une tâche délicate. Le niveau de risque est passé de 3 à 4. L’action mérite un pari.

Pour les plus hardis

Les actions plus « osées » sont à réserver aux investisseurs prêts à prendre le risque d’une lourde perte. China Medical Technologies (-63,6 % ; vendez), que nous suivons depuis janvier 2011, a vu son cours suspendu en l’absence d’éclaircissement sur sa comptabilité. La crise de la filière solaire a précipité JinkoSolar (+81,3 %) sous les 5 USD fin 2011 (contre 30 lors de notre achat en avril 2011), avant de rebondir vers les 8 USD. Conservez. Par contre, nous continuons d’acheter Agfa-Gevaert (-22,4 %), toujours actif dans un marché en pleine transition technologique et dont les résultats souffrent des prix élevés de l’argent.
Il n’est pas exclu que 2012 clôture à nouveau en perte. Mais le cours cote à 25 % à peine de sa valeur comptable.

La remontée d’un cours peut aussi prendre du temps, même si l’action est sous-évaluée. En dépit de ses efforts pour tourner la page de mai 2010, BP (+25,9 %) reste sous le niveau d’avant l’accident. Nous la conseillons encore.

 

Variations de cours entre le 1er octobre 2011 et le 17 février 2012

 

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