Analyse
Lock up = vente interdite ? il y a 5 ans - mardi 14 février 2012

A l’heure où le très populaire réseau social Facebook prépare son entrée en Bourse, il peut être utile de mettre en lumière la notion de lock up.

Il s’agit en fait d’une période déterminée pendant laquelle de grandes quantités d’actions ne peuvent être vendues en Bourse.

Blocage initial

En cas d’introduction en Bourse de sociétés aussi populaires que Facebook, il y a certes des candidats acheteurs qui s’impatientent. Mais la fièvre monte aussi chez les actionnaires existants : les fondateurs de la société et les capital-risqueurs qui détiennent déjà des titres non cotés du groupe, lesquels ont souvent pris pas mal de valeur, espèrent vendre le plus rapidement possible en Bourse. Aussi, pour éviter que, juste après le début de la cotation, le titre ne fasse l’objet d’une importante vague de ventes et que le cours s’effondre, le prospectus de l’introduction en Bourse peut prévoir une période de lock up valable pour les actionnaires existants. Dans la plupart des cas, la période a une durée de 90 à 180 jours. Pendant ce laps de temps qui suit l’introduction en Bourse ou la publication du prospectus, les actionnaires concernés ne peuvent pas vendre. On veut aussi éviter de la sorte que des actionnaires bien informés ne quittent le bateau et ne fassent chuter le cours parce qu’ils sont au courant de manière privilégiée de moins bonnes nouvelles concernant la société ou ses perspectives.

Dans ce cas de Facebook par exemple, la période de lock up à une durée de 90 jours à 18 mois, selon la qualité de l’actionnaire, histoire de ne relâcher que progressivement la pression. Car bien des actionnaires de la première heure ont acquis leurs titres pour une bouchée de pain et seraient évidemment tentés de se retrouver millionnaires en un tournemain.

Pression

Une fois la période de lock up clôturée, les actionnaires concernés peuvent vendre à leur guise. La fin du lock up s’accompagne dès lors souvent d’une pression sur le cours. Selon plusieurs études, les actions concernées subissent à ce moment une contre-performance de 1 à 3 % par rapport à la moyenne du marché. Dans le cas de LinkedIn cependant, entré en Bourse le 19 mai 2011, lorsque le lock up a pris fin, 180 jours après la première cotation, le cours a perdu 7 %. D’une certaine manière, le lock up ne fait donc que retarder la pression sur le cours exercée par certaines catégories d’actionnaires, mais il l’atténue également.

 

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